Question du jour

En fait, je venais écrire sur ce blog les galères qui me tombaient sur le coin du nez. Sauf que des galères, je n’en ai plus des masses. Du coup, je me pose la question de ce blog. Je crois qu’à un moment donné, il faut tourner la page et changer radicalement. Je n’ai pas l’intention de cesser d’écrire, mais peut-être plus ici. Peut-être plus de la même façon. Peut-être plus sur les mêmes sujets.

D’où mon silence ces derniers jours.

D’où mon silence sans doute ces prochains jours.

Je vous tiendrai bien entendu au courant et ne fermerai pas ce blog sans vous dire au revoir.

Et si je dois refaire surface ailleurs, je sais que nous nous retrouverons.

En attendant, la question reste en suspens. La nuit porte conseil. ;o)

Petit Potam, artiste peintre en bâtiment.

Dimanche, on a pris une heure avec Petit Potam pour faire de la peinture. Une plaque de carton, des pots de peinture à doigts, des coton-tige et hop ! Sur la table basse qui ne craint plus rien depuis quelques années maintenant –à force de prendre des apéros sans mettre de pitit carton sous les verres, n’est-ce pas…-, nous avons étaler tout ça et j’ai expliqué à Petit Potam le principe de la chose : tremper les bâtonnets dans un pot et badigeonner le carton, wouhou, on va bien rigoler !

Un vrai moment de bonheur, il s’est bien marré à mélanger les couleurs, à faire des pâtés dans un coin et des lignes bien dessinées dans un autre, ou encore à aller chatouiller le fond du pot pour récupérer encore plus de peinture sur le bâtonnet. Le résultat était plutôt satisfaisant, pas de peinture –ou très peu– sur les mains, sur les fringues, sur la table… En plus, je trouve ça très joli ! Et puis, j’ai tourné le dos. Et entendu un hurlement et des pleurs paniqué. Oups.

Petit Potam était couvert de peinture jaune, il en avait plein les cheveux et surtout plein l’œil… Re-oups.

Une fois rincé en vitesse, j’ai pu enquêter pour comprendre ce qu’il s’était passé…

Petit potam a pris ce fameux pot de peinture d’une seule main pour y tremper plus aisément un coton-tige et l’a malencontreusement lâché. –Re-re-oups.– Le pot a rebondi sur la table, a projeté de la peinture partout sur mon pauvre loulou d’amour, avant de se renverser par terre. Il était tout tremblant, n’osant plus bouger un orteil, les yeux fermés très fort, complètement flippé.

Et cinq minutes plus tard, tout allait pour le mieux !

Et dix minutes plus tard, je m’apercevais avec effroi qu’il y en avait jusqu’au plafond !! Oups.

Portrait d’élève…

Il est en CE2. Il a redoublé son CE1. Il est gentil comme tout, volontaire, souriant, énergique, attentif. Mais il a de grosses, très grosses difficultés scolaires…
C’est mon Schtroumpf du lundi et du vendredi ! Les premières minutes ont été très timides. Je ne savais pas forcément comment m’y prendre, quel était son niveau, sur quoi bosser en priorité ; et lui, de son côté, il était comme d’habitude en classe : perdu.

Et puis, il a pris son stylo pour écrire la date sur son cahier. Et j’ai pu lire l’ampleur des dégâts. Ou plutôt non, je n’ai rien pu lire du tout… Une catastrophe ! Il ne sait pas former ses lettres, il en inverse, en oublie… Il ne connaît pas les majuscules, ne reconnaît pas forcément les mots –« le vieux éteint sa lampe » est ainsi devenu « le vieux est sa lampe »… Il avait oublié « un »…– On fait le pari qu’à la fin de l’année, il écrit comme la maîtresse. Je lui invente tout un tas de petites histoires pour se rappeler l’orthographe des mots –si vous en avez, je suis preneuse !-, du style : « village », ça prend deux « l », parce que dans un village on trouve toujours deux choses : une mairie et une église. C’est bête, mais il s’en souvient.

On fait aussi un peu de grammaire. La ponctuation ! Ce sont surtout des révisions, ce n’est que le début de l’année. Il sait à peine à quoi sert un point, et je ne parle pas des autres signes… Pour lui, un apostrophe entre deux lettres est un signe de ponctuation. Rebelote, j’invente des histoires pour lui expliquer la différence entre un point, un point d’exclamation, un point d’interrogation et une virgule. Le reste, on verra plus tard. Il a super bien compris, mais est quand même obligé de se raconter mes petites histoires avant de décider comment terminer une phrase, alors ça prend du temps, et il prend du retard, et ça l’ennuie de ne pas aller au même rythme que les autres. Alors il faut que je lui explique que ce n’est pas grave, je lui raconte la fable de la Fontaine, avec un certain lapin, et une certaine tortue, ça le fait sourire et ça le rassure. « Une tortue, ça a une maison, c’est super pratique, et en plus, ça mange de la salade, j’aime bien la salade. »

Je serre les doigts pour qu’on ne me retire pas ce gosse-là, qu’on me laisse dans cette école, qu’on ne me sorte pas de cette classe.

Le courant avec les autres élèves passe immédiatement ! Il y a en a d’autres en difficultés aussi dans cette classe-là, du coup, avec l’instit’, on décide d’instaurer un système de petits groupes. Quand une notion ne sera pas comprise par deux ou trois élèves seulement, c’est avec moi et mon Schtroumpf qu’il la reverront, d’une façon différente, plus posée et privilégiée.

Arrive mon week-end, que je savoure. Quand on ne travaille pas, on se fout des dimanches, des samedis, puisqu’on fait la même chose que le reste de la semaine. Là, je profite vraiment du temps avec Petit Potam, je me balade, je lis, j’écris, pour de vrai, sans stress.

Lundi, je retrouve mon Schtroumpf, avec un quart d’heure de retard –Shame on me !– mais il ne m’en veut pas. Le « méchant flic » débarque dans la matinée et m’enlève à la classe. Les enfants sont un peu paniqués, ils ont peur que je parte, que je me fasse gronder, que je me perde… Mais je reviens ! Avec une bonne nouvelle, puisque je resterai avec mon Schtroumpf toute l’année, et qu’en complément, j’irai prêter main forte en maternelle, de l’autre côté de la cour de récréation ! « Dis, tu viendras nous voir pendant tes récrés à toi ?? »

Photo : DerechteBigfoot sur Deviantart.

Back to school !

J’ai passé un entretien qui a duré quinze, peut-être vingt minutes. Il y avait un « bon flic » et un « méchant flic », comme dans les films, comprendre le directeur d’une école plutôt sympa, et un inspecteur un peu plus sec, avec des questions bizarres et un regard peu rassurant quant à la possibilité d’une éventuelle embauche.

Finalement, le lendemain, j’avais un message sur mon répondeur, me demandant de rappeler urgemment le méchant flic. Ce que j’ai fait au plus vite donc. La bonne nouvelle est tombée : c’est moi qui prend le poste ! Wouhou !! Je serais contactée dans les prochaines semaines par un établissement du coin pour venir signer mon contrat et connaître mes affectations.

Le vendredi de la même semaine, soit trois jours plus tard –les semaines vont vite dans l’Éducation Nationale !-, j’ai un appel du collège en charge de l’administratif me concernant : je dois illico presto me présenter ! « Vous commencez jeudi matin ! » Dans une semaine. Chouette, tout arrive vite, j’aime ça ! Je m’empresse donc d’aller signer mon contrat. La directrice de l’établissement est très gentille, m’explique tout bien –et je vous assure qu’il y en a des choses à expliquer !-, je signe plein de trucs, colle mes initiales dans plein de coins, etc.

Ma première mission est d’appeler les deux écoles dans lesquelles je vais intervenir pour définir mes horaires. Car c’est à moi de m’occuper de ça. Je dois aussi prendre rendez-vous avec un médecin choisi dans une liste pour faire ma visite médicale.

J’appelle la première école, je connais déjà le directeur, puisque c’est lui le « gentil flic » de l’entretien. Lui, il s’en fiche, je dois voir ça avec l’autre école. Bon. Je téléphone à la seconde école. Et là… J’apprends à la directrice qu’elle bénéficie d’une aide –de mon aide– pour un de ses élèves. Elle est super heureuse, est prise au dépourvu, bref je vous passe deux ou trois détails, mais au final, c’est l’instit’ concernée qui me rappelle plus tard pour créer une grille d’horaires. Le lundi et le vendredi avec elle, le mardi et le jeudi dans la première école.

Mon premier enfant est un petit garçon en CP, à forte tendance hyperactive. Il n’est pas diagnostiqué, les parents ne veulent pas en entendre parler. Mais il souffre en effet de forts troubles du comportement. Le courant passe tout de suite, j’arrive à le faire tenir en place et même à bosser un peu. Il est super intelligent, très rapide, adorable. En fin de matinée, il faudra que je sorte avec lui dans la cour pour courir, respirer, parler, gigoter, crier, rire, changer d’air et passer à autre chose, car il ne tient plus en pace. Tout se passe très bien jusqu’à 16h environ. Ou il me fait sa première crise… Marche de long en large, le regard totalement ailleurs, des spasmes dans les bras et les épaules, les mains qui tapent parfois la tête, les oreilles. Je commence à flipper un peu, surtout qu’il ne se calme pas. Retour dans la cour pendant un bon quart d’heure, il se calme un peu, mais ce sera tout pour la journée.

Tout ça dans un contexte un peu bizarre puisque j’apprends pendant ma pause déjeuner que, peut-être, mais rien n’est sûr, je ne vais pas rester dans cette école avec cet enfant, que je vais être remplacée ici pour aller travailler ailleurs… Mais pour l’instant, chut… Rien n’est officiel…

Photo : Iuliana13 sur Deviantart.

J’annonce !

Je n’ai pas vraiment le temps d’écrire un vrai article ce soir –comprendre : j’ai la flemme, je veux dormir.-, et donc, je vais vous faire un petit teaser de ce qui va suivre sur ce blog…

  • de l’action, avec mon premier jour de boulot !
  • du suspens, avec l’annonce qui m’a été faire lors de mon premier jour de boulot !
  • de l’émotion, avec mon second jour de boulot !
  • de l’émotion encore, avec le premier concert de Petit Potam !
  • de l’action, du drame ET de l’émotion, avec l’atelier-peinture de Petit Potam !
  • de l’organisation et de la sueur, avec mes derniers jours sans voiture !
  • des rires et de l’émotion –encore !– avec des retrouvailles passionnées !

Voilà. Tenez-vous prêts, ça va swinguer dans les chaumières !

Et aussi, je vous parlerai bouquins et films, si j’ai le temps, le courage et l’inspiration. Bonne nuit !

Encore une histoire d’allaitement…

Vous commencez à me connaître, –et sinon, petit récap’– je m’en contre-fous de ce que font les gens avec leur môme tant que, bien sûr, ça ne met pas leur vie ou leur santé –physique et/ou mentale– en danger. Perso, j’ai donné le sein à Petit Potam pendant une quinzaine de jours. J’ai dû arrêter parce que j’ai eu une infection bête et donc un traitement un peu costaud. Si infection il n’y avait pas eu, je pense de toute façon que je n’aurais pas tenu. Fatigue, stress, l’impression de ne plus m’appartenir complètement, bref, chacun y verra ce qu’il voudra, c’était juste pas mon truc. Au final, j’ai eu l’impression de partager plus de choses en donnant le biberon que mon sein, et je le conçois, ça venait de moi et de mon manque d’enthousiasme. Là n’est pas le débat. J’ai lu cet article du monde, et honnêtement, ça m’a agacée. C’est un article parmi tant d’autres, oui. Après tout, rien de bien particulier, il s’agit encore d’une étude un peu pourrie, d’une prise de position toute aussi pourrie, etc. Mais celui-là, je l’ai lu. Et donc, je peux en parler.

Je vous le transmets ici en entier, et j’annote au fur et à mesure dans mes petits crochets préférés… Bonne lecture !!

La pratique de l’allaitement varie fortement en fonction du niveau social de mères Dès le titre, un « s » oublié… Aïe.

Le Monde.fr | 18.09.2012 à 09h16 • Mis à jour le 18.09.2012 à 11h37

Par Pascale Santi –Pascale avec un « e », précision intéressante…

L’allaitement reste encore très diversement pratiqué par les Françaises. –J’aime le « encore ». Genre, il y a de bonnes grosses arriérées en France, attention !!– Plus de deux tiers des nourrissons (69 %) sont allaités –les autres, on leur donne direct du Coca– à la maternité (60 % de façon exclusive, et 9 % en association avec des formules lactées –le Coca mélangé au lait ?? Eurk…-), mais ils ne sont plus que la moitié (54 %) à être allaités un mois plus tard, dont seulement 35 % de façon exclusive. –« plus que », « seulement »… Nous sommes déjà dans un négativisme profond. Pourquoi ne pas avoir choisi « ils sont encore » et « dont au moins 35% » ? Mystère… Ou pas !

Tels sont les résultats –interprétés par une journaliste– de l’étude Epifane (Epidémiologie en France de l’alimentation et de l’état nutritionnel des enfants pendant leur première année de vie) publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’Institut national de veille sanitaire (InVS), mardi 18 septembre.

L’étude est réalisée par l’Unité de surveillance et d’épidémiologie nutritionnelle (Usen) de l’InVS/Université Paris 13 auprès de 3 500 nourrissons nés entre le 16 janvier et le 5 avril 2012 dans 140 maternités. Au final, les résultats ont porté sur 2 936 mères. –L’allaitement ne concerne définitivement que les mères. Les pères ? Des accessoires, voyons ! Leur avis ? Leur soutien ? Pfff ! Laissez-moi rire !– Jusqu’ici, les données étaient anciennes, notamment sur la durée de l’allaitement. –Si les données avaient été récentes, y aurait-il vraiment eu une nouvelle étude ? J’utilisais ce même procédé que j’appellerais « la phrase inutile » dans mes dissert’ de philo…

QUAND LE CONJOINT A UNE PERCEPTION POSITIVE DE LA FEMME QUI ALLAITEAh ben si, on l’a quand même le papa ! Ah non, ce n’est que « le conjoint », pardon…

Fait marquant, la mise au sein est proportionnelle au niveau d’études. Les femmes de niveau d’études inférieur ou égal au baccalauréat allaitent moins que celles de niveau supérieur. L’écart varie de 62 % à 74 % à la naissance, et de 44 % à 62 % à un mois. Les taux d’allaitement sont aussi plus élevés chez les femmes nées à l’étranger. Ils varient également à la hausse selon que les femmes sont plus âgées, mariées, qu’elles n’ont pas fumé pendant la grossesse, ont suivi des cours de préparation à l’accouchement. L’allaitement est également favorisé si la mère a eu un contact peau à peau avec son bébé dans l’heure suivant l’accouchement, et surtout si le conjoint a une perception positive de la femme qui allaite. –LÀ ! Ce sont des résultats, des vrais. Pas des interprétations. Du coup, je n’ai rien à dire, c’est moins drôle, mais à la limite, je préfère…

Ces chiffres ne sont guère élevés, quand on sait que la promotion de l’allaitement maternel figure parmi les recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS) et que les instances internationales, comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), préconisent l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois de l’enfant. –J’interprète qu’ils font tous super mal leur boulot alors ! Quoi, ça choque quand c’est moi qui le dit ?

La France fait figure de mauvais élèves –faute d’origine– en Europe, le taux d’allaitement à la naissance atteignant 98 % en Norvège. –À croire qu’ils ont besoin de se tenir chaud– Ce taux a toutefois beaucoup progressé dans l’Hexagone, puisque l’allaitement à la naissance n’était que de 37 % en 1972 et 53 % en 1998. –D’où l’intérêt d’espacer un peu ce genre d’études…

Les bénéfices de l’allaitement maternel ne sont plus à démontrer –on y est !!– : il est plus que bénéfique à la santé de l’enfant, notamment pour la prévention des allergies et des infections gastro-intestinales, respiratoires et oto-rhino-laryngologiques, indique le BEH. –Il semblerait que les anticorps de la mère fasse effet pendant 6 mois, sans passer par le lait, juste parce que le bébé a fait un passage dans son utérus, mais ce que j’en dis, je ne suis pas spécialiste de la question moi…– Pour les mères, les suites de couches sont facilitées, avec un moindre risque d’infections et d’hémorragies du post-partum. –et ben j’ai eu du bol !– De même, l’allaitement serait –j’aime beaucoup le mode de ce verbe…– protecteur des risques de cancer du sein pour la mère et de diabète et d’obésité chez l’enfant. Cependant, note la revue, « l’utilisation des formules lactées reste, dans un pays développé comme la France, une alternative tout à fait acceptable pour la santé des enfants ». –mais là, ma copine Pascale n’en fait pas l’apologie.

CIBLER LES « GROUPES À RISQUES »Il n’y a que moi que ça choque cette formulation ??

Conclusion de l’étude : « Des efforts importants en matière de promotion de l’allaitement maternel sont donc nécessaires en France », –j’avais donc bien interprété…– en tenant compte des facteurs démographiques et sociaux. En clair : il faut cibler les « groupes à risques » que sont les jeunes mères et celles de faible niveau d’éducation. –autrement appelée les « cassos' », mais si allez-y madame, au point où vous en êtes…!– Il est aussi recommandé de donner des informations pendant la grossesse, à la naissance et lors du post-partum. –des informations ? Ou bien un curieux sentiment de culpabilité ?

L’allaitement est une question qui taraude nombre de jeunes mères. –« la phrase inutile », le retour.– Si certaines sont sûres de leur choix, elles restent nombreuses à s’interroger avec, souvent, un sentiment de culpabilité de celles qui ne souhaitent pas donner le sein. –avec des articles pareils, on comprend un peu pourquoi, non ?

Les résultats complets de l’étude Epifane sont prévus pour le second semestre 2013. –Ah, parce qu’en plus, Mme Santi interprète des résultats incomplets ?? Bravo !– Ils porteront sur l’alimentation des bébés pendant leur première année de vie, qu’il s’agisse d’allaitement maternel, de laits pour bébés (type, durée, quantités utilisées) ou de la diversification des aliments. –Et genre, tout ça, c’est pas important pour comprendre réellement ce qui pousse les mères à allaiter au sein ou non ??

Pascale Santi –ment de culpabilité ?

Une dernière question, madame… Si une femme utilise un tire-lait pour ensuite donner son propre lait à son enfant, en utilisant donc un biberon… On peut dire qu’elle allaite ou pas ??

Crédits : Who-Is-Child sur Deviantart

Crédits : Who-Is-Child sur Deviantart

Big balloon, la suite !

Suite et fin de mon vol en montgolfière !

Nous nous entassâmes tous dans le 4*4-cracra, oui, à 8 en tout. C’était donc un 4+4, ahah, que je suis drôle ! Bref, ça gigote, ça cahote, c’est rigolo. J’oublie de détacher ma ceinture au moment de descendre, fais semblant de rien, et les américains sont assez bien élevés pour ne pas se rouler par terre en se tenant les côtes. La nacelle est déchargée de la remorque, la toile est étalée sur toute la longueur de la piste de décollage, un gros ventilateur souffle pour gonfler le ballon, c’est super impressionnant. Quelques flammes plus tard –pour chauffer l’air et ainsi dresser le ballon un peu plus à la verticale qu’à l’horizontale-, nous redressons la nacelle et nous installons à bord. Ça fait un peu peur d’être à côté de ces grosses bonbonnes, juste sous ces flammes… Doucement, après quelques « PPPRRRRRCCCSSHHHHHTTTTTRRR », la nacelle balance un peu et je me rends compte que nous sommes en effet en train de décoller. Là, j’avoue, ça fait un peu bizarre, parce que ça va tellement doucement qu’on ne voit pas vraiment le sol s’éloigner, et qu’on n’a donc pas vraiment l’impression de s’en éloigner…

Et puis, on prend un peu d’altitude. On frôle les arbres et apparaît la Loire, encore couverte de brume, la lumière un peu rasante –il n’est que 8h– et orangée, la nature qui se réveille… C’est juste magnifique. On redescend doucement aussi. La Loire se rapproche. Se rapproche. Se rapproche. Se.. Hey !! J’ai les pieds dans l’eau !!

On remonte, un grand sourire aux lèvres, et les pieds voués à se taper de jolies engelures ! Mais on est heureux comme tout, les yeux pétillants, l’air un peu benêt, l’appareil photo qui cliquette quand on arrive à décrocher deux minutes du magnifique paysage qui s’offre à nous… On monte à 500 mètre d’altitude, on vole à une vingtaine de kilomètres par heure, on frôle le château de Chaumont, on survole des lotissements, des minis-châteaux, on fait peur à des lapins ou des biches, un pur moment de poésie et de douceur.

L’atterrissage est rigolo. Quoiqu’un peu angoissant tout de même. Avec cette impression que la nacelle va se retourner et nous engloutir. Mais il n’en est rien et nous rebondissons trois fois avant de nous stopper définitivement et d’escalader à nouveau la paroi d’osier pour s’extirper de l’appareil. La toile est rabattue au sol, dégonflée, repliée, rangée dans un sac qui me paraît définitivement trop petit. La nacelle est replacée sur la remorque du 4*4-cracra qui nous a retrouvé ici. Une bouteille de pétillant est débouchée, les croissants sont frais. J’ai mon diplôme d’honneur d’aéronaute. Je suis super fière. Je remonte dans le 4*4-cracra, l’air ailleurs, et échange mes coordonnées avec les américains pour partager nos photos.

On me dépose à la gare. Je prends mon billet pour le prochain train qui me ramènera chez moi, je n’ai qu’une demie-heure à attendre. Je dois avoir l’air vraiment très sympathique, parce qu’à peine mon billet en poche, je me suis faite accostée par une demoiselle qui m’a raconté toute sa vie ! Jusqu’à me montrer des photos d’elle et de ses copines au concert NRJ d’il y a quelques semaines. On a papoté dans le train jusqu’à Blois, et elle est descendue là, me laissant un peu ahurie.

Retour au bercail complètement rincée, –les pieds aussi ^^– mais heureuse comme tout ! Dès que j’ai des sous à ne plus savoir qu’en faire –mais si, ça viendra un jour !– je remonte là-haut !!