Indochine

Machoune –Encore elle !– m’a prêté un autre bouquin. Après l’Amour comme par hasard et Les chats de hasardQue de hasards, dîtes-moi !!-, cette fille a décidément de bonnes lectures. Parlons aujourd’hui de La dernière fille avant la guerre, de Chloé Delaume. C’est une histoire vraie, une histoire de fan, racontée de façon… Comment dire ? Bon, déjà, je vous donne le résumé de la quatrième de couv’.

Chloé Delaume redonne vit à Anne, l’ancien moi du dedans, celui d’avant la destruction du dossier Indochine (1995), celui qui fut fan du groupe dans les années 80 et même après, quand il passa au purgatoire. Oscillant entre le je et le elle, barbotant dans le jus de mémoire, Chloé Delaume restitue cette folie obsessionnelle qui lui a fait traverser l’adolescence un casque vissé sur les oreilles.

Sans se départir de la puissance poétique qui caractérise son écriture, poursuivant ses interrogations sur le personnage de fiction, elle raconte avec humour ce que c’est qu’être une fan revendiqué, puis cachée (forcément) d’Indochine.

Pour ma part, je ne suis pas tout à fait d’accord avec le côté “humour”. Je dirais plutôt qu’il y a un certain recul qui permet à l’auteur de tourner en dérision certaines situations, mais j’ai surtout ressenti une grande amertume, des regrets, un peu de rancœur, une “belle” cicatrice en tout cas dans cette écriture.

Je suis tout de suite rentrée dedans. C’est le genre d’écriture qui me transporte, qui me fait oublier où je suis et ce que je fais de ma vie, je m’abandonne à l’histoire et m’en remets à ses personnages. Ça commence un peu décousu, avec des phrases dont je ne saisi pas toujours le sens précis, des mots torturés que je ne comprends pas forcément sans mon fidèle Petit Larousse. Et petit à petit, la situation est posée. La mère est morte, la fille part en vacances avec sa famille –le reste– dans un camping. Comme elle le dit elle-même, elle ne se sent plus en vie. Jusqu’à ce qu’elle découvre Indochine…

Août 1983 j’entends, je me lève et je marche. C’est l’appel de L’Aventurier. Je suis si désolée, Chloé. Vraiment si désolée que ce soit la vérité. Mon corps avant ma tête, le corps avant la tête, pour moi ça s’est passé comme ça, le réveil. J’ai compris que j’étais vivante puisque j’éprouvais du désir. Moi aussi j’aurais préféré que ce soit la faute à Wagner, manque de pot c’est tombé sur Nicola Sirkis.

Le récit s’emballe, Anne et Chloé parlent en même temps, se coupent la parole, se disputent, tentent de se faire entendre de l’autre, du lecteur, du groupe, peut-être. On en apprend plus sur la vie de fan, la dépendance à cette musique, à ces “claviers” qui la mettent en transe, la drogue qui fait son entrée, les moqueries aussi –Hou hou !-, la honte.

Au bout d’une heure et demie de lecture, je viens à bout des 117 pages de ce livre. Je le pose et je suis un peu retournée.

Oserai-je encore me moquer de Machoune qui serre Nicola dans ses bras alors que moi-même je n’ose pas approcher Josef tant il m’impressionne ?

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