Joyeuses condoléances !

C’est dingue, ça. En général, je trouve les mots pour raconter des histoires aux gamins, pour écrire des poèmes délirants à ma maman, pour dire ce que j’ai sur le cœur, il m’arrive même d’utiliser tout un tas de formules pour être diplomate ! –Ça, c’est quand je suis vraiment super en forme !– Mais là, ça fait une semaine que je sèche.

Une carte de condoléances. Punaise… On écrit ça comment ?

Aux obsèques de mon grand-père, j’ai lu à l’église. –Oui, moi, à l’église. Je pense qu’il devait bien se marrer dans sa boîte !– Normalement, j’aurais dû écrire moi-même mon texte, j’en ai été juste infoutue. C’est ma Tantine qui l’a fait et je l’ai toujours. Un des plus beaux textes du monde.

Une carte de condoléances. Je m’y suis collée aujourd’hui et je n’ai écrit que des banalités. Tout ce que je ne supporterais pas de recevoir.

Ma maman m’a dit : “Tu sauras trouver les mots, tu les trouves à chaque fois.” Ben il faut croire que la mort et moi, on n’est pas franchement des grands potes.

Déjà, trouver une carte. Heu… Je ne sais pas si vous avez bien regardé les cartes de condoléances, mais moi perso, elles me donnent envie de me pendre, pas d’aller de l’avant. J’ai découpé une feuille de Canson aux dimensions de mon enveloppe et j’ai écrit directement dessus. J’ai fait un brouillon d’abord pour être sûre de ne pas faire de fautes, et puis zou. C’est tout, c’est fini. Dans l’enveloppe, on rabat le truc qui colle, on met un timbre, on balance dans une boîte et on reprend sa vie là où on l’avait laissé. C’est pas ignoble, ça ?

Qu’est-ce qu’on écrit dans un “livre d’or” à la sortie d’un cimetière ou d’un funérarium ?  “Salut mon pote, on s’revoit là-haut !” ? Ben non, je n’y crois pas… “Hey, les gars, pleurez pas, le monde ne s’arrête pas pour vous !” Facile à dire… “Wesh cousin, t’as prévu le barbec’ après ?” À proscrire si le défunt a choisi l’incinération… Bref, à chaque fois, c’est la loose.

Mon “Jumeau”, lui, il raconte des blagues. Et moi, ça me fait rire. Même si c’est déplacé. Je crois qu’à chaque fois que j’assiste à un enterrement, je pense à lui et aux conneries qu’il pourrait sortir. Je vous jure, ça aide. “Un cancer, c’est con, parce que quand tu l’as, tu meurs !” Ça laisse sur le cul la première fois, et puis on s’y fait et au final ça marche. Le monde ne s’arrête pas.

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