Souvenirs de groupe

La coutume voulait qu’au début du mois d’Août, nous nous retrouvions avec toute ma bande de potes de l’époque pour un grand barbecue au fond du jardin de mes parents. Chacun apportait de quoi manger ou boire et nous nous couchions tard. Voire pas du tout. Nous passions la nuit à refaire le monde. Et à s’attendre au pire ! Il nous arrivait toujours des trucs drôles/bizarres/dangereux/épiques. Sans être totalement blasés, nous n’étions pas plus surpris que ça. Une fois, nous avons quand même failli foutre le feu au cerisier…

Les mecs avaient du mal à allumer le barbecue et l’un d’eux à décidé d’utiliser de l’alcool à brûler. Malin. –Traduction : À ne surtout pas faire !!– Au lieu de jeter un mini-bouchon, –chose qui déjà me semble totalement inconsciente– monsieur y est allé franco avec le bidon de cinq litres –oui, madame !– rempli aux deux tiers, trois quarts. –Tant qu’à faire…– Le feu s’est bien allumé, est remonté dans le bidon qui n’a, par chance, pas explosé mais qui a pris feu. Ledit jeune homme, surpris, a lâché le bidon… Sur son pantalon qui a pris feu à son tour. Pendant ce temps, les flammes du barbec’ léchaient les branches du cerisier et s’étendaient sur l’herbe autour. Hormis le chien qui courait partout, heureusement personne n’a paniqué. Nous avons été quelques uns à avoir le réflexe immédiat soit de retenir le chien –que j’imaginais déjà en flamme-, soit d’aller chercher de l’eau pour étendre ce qui aurait pu être une véritable catastrophe. Résultat : quelques brins d’herbe roussis mais aucun dégât matériel, aucune blessure –merci Levi’s de si bien nous protéger !-, une chance incroyable ! Je crois que nous étions tous cocus ce soir-là !

Le lendemain matin, c’est le lave-vaisselle qui nous a joué un tour : quand je l’ai mis en marche, il a inondé toute la cuisine. Ah, ça ! Le ménage était fait !

La deuxième soirée mémorable entre potes s’est passée l’année suivante. Même endroit –J’hallucine que mes parents nous laisse encore la maison quand ils ne sont pas là, en sachant toutes les conneries qu’on a pu y faire…-, même principe, mêmes personnes. On ne change pas une équipe qui gagne !

Cette fois-ci, j’avais pris mes précautions : le barbecue était loin de toute végétation et l’alcool à brûler savamment cachée. J’avais monté une tonnelle pour abriter la table et faire un peu classe. J’avais sorti de grosses enceintes emballées dans d’immenses sacs poubelle en guise de protection, pour mettre un peu de musique sans avoir besoin de monter le son à fond les ballons pour l’entendre. –Je pense aux voisins, moi madame !

En tout début de soirée, la tonnelle s’est mise à pencher légèrement. Puis de plus en plus. Après vérification, rien ne clochait, si ce n’est la grosse branche du prunier –il y avait beaucoup d’arbres dans le jardin à cette époque…– qui était en train de casser à la base. La solution s’est imposée d’elle-même : il fallait couper la branche avant qu’elle ne s’affale sur la tonnelle et sur nous par la même occasion ! Ne trouvant pas de scie chez mes parents, je suis allée sonner chez le voisin –qui a bien ri– et le même jeune homme qui avait manqué de mettre le feu quelques lignes plus haut est grimpé dans le prunier, à califourchon sur une branche pour virer celle qui nous gênait –et nous menaçait !-. Une fois le prunier défiguré –aujourd’hui, il n’existe même plus– la soirée a vraiment commencé. Sauf que… Le courant a sauté trois fois avant qu’on ne trouve la rallonge responsable du court-circuit qui faisait lâcher les plombs, un individu un peu alcoolisé a cassé la chasse d’eau –que j’ai moi-même réparée avec mes petites mains ! *trop fière*– et les flics ont débarqué… Enfin, les flics… Voici la scène :

– Put*** Julhya, y’a les flics !

– C’est bon, arrête. Pfff…

– Mais naonn, j’te juuuure !

Oups, un gyrophare devant le portail… Et merde saperlipopette !

Moi : – Bon, j’y vais.

Lui : – J’viens avec toaa !

Moi : – Non, toi tu restes là, t’es bourré !

Lui : – Toi aussi !

One point.

Je m’approche du portail et me rend compte que les flics ont une démarche plus qu’approximative. Mais c’est qu’ils ont l’air encore plus alcoolisé que moi !! Je m’approche un peu plus des uniformes et reconnais la voix de ma mère derrière eux.

Moi : – C’est quoi ce délire ?!

Les flics : – Surpriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiise !!

Moi : – Papa ? Maman ?!

Voilà. Mes parents étaient en soirée chez des potes à eux, pas très loin d’ici, qui avaient chez eux des uniformes de gendarme –avec képi et tout-, un gyrophare et un humour pas piqué des hannetons. Tous ensemble, ils ont donc décidé de nous faire une ‘tite blagounette ! J’adore ! ^^

PS : Une dernière anecdote pour la route ? Allez. Un copain plus qu’aviné ne connaissant pas mes parents et n’ayant pas suivi les derniers évènements –Je me demande encore comment il a pu louper ça…– a demandé à mon père :

– Mais tu la connais d’où toi, Julhya ?

Réponse de mon père :

– Je suis le premier homme à l’avoir vue nue. *sirote son verre de whisky*

Papa, j’te kiffe !

Photos : Todd587 et DarkNightStranger sur Deviantart.

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