Une (micro) histoire (3)

 

Ce soir, c’était soir de première !

C’était aussi le soir du vernissage de l’expo Bi-portrait de Mickael P. pour qui j’ai posé devant chez mes amis de P*le Empl*i. Arrivée 18h45 au théâtre, je monte les escaliers, je fais la bise, je souris. Ça fait vraiment plaisir de voir ces photos, ces gens, Mickaël, l’aboutissement de son travail…

Mais vite vite, il faut filer ! La répétition ultime avant la première d’Une (micro) histoire débute à 19h. Je suis quelques minutes en retard, mais la chorale n’a pas fini de s’échauffer et les tests micro n’ont pas encore été fait. J’installe mes affaires dans les loges, je prépare de quoi écrire, mon pot de Nutella… –Z’avez qu’à venir voir ! ^^– J’attrape Éric M. et fait une mini-interview de ce chouette monsieur. Je vais m’allonger sur le plateau. Je m’étire un peu, respire profondément, apprécie ces quelques minutes de calme avant la montée du stress. Les spots sont là-haut, ça chauffe un peu mais la pression est tout à fait gérable.

En cercle, c’est l’heure de se compter. Je me fais la réflexion que Kate compte quand même super bien et super vite en anglais. Et puis, je me dis que c’est logique… Elle est américaine. 47. Et non pas 48. 47 dont le réveil au tic-tac cassé. –Z’avez qu’à venir voir.– Il y a d’abord eu un échauffement tranquille, à base de respiration principalement. Et puis, les gestes. Le rideau de fer est baissé, il est 20h25, nous allons nous mettre en place, lentement, concentrés.

L’attente. Dans le petit couloir, juste à côté de la porte, je m’assois. Je respire, je fais le vide. Je pense à mes parents dans la salle. Mon frère aura-t-il oublié ses places, comme à chaque fois ?

Les lumières de la scène se coupent. Le rideau remonte. Le bruit est très flippant, j’ai l’impression que ça va exploser… La pression monte d’un coup et ça ne s’arrête pas. Spots. Kate entre et je me suis levée, prête à partir. Je vois la chef de file du groupe d’en face qui répète ses gestes, cachée du public qui ne sait pas encore exactement ce qui l’attend. “La vie vient de passer.” La musique met du temps à partir. C’est normal mais c’est insoutenable. Je n’arrive plus à penser, j’ai les doigts qui tremblent. Des fourmis dans le ventre. Elles me dévorent de l’intérieur. Mais doucement. C’est affreux et j’aime ça. Du masochisme à l’état pur, il faut être fou pour faire ce boulot. Suis-je assez folle ? … Go ! Je me lance dans l’arène, j’ai peur d’aller trop vite, je ralentis, je prends mes marques, je suis précise, je me laisse porter par la musique…

I started a joke…

PHOTO : S4SH4X sur Deviantart.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s