Tu veux pas 100 balles et un Mars ?!

Non, 99 francs suffiront.

J’ai donc terminé 99 francs de Frédéric Beigbeder. Et je vais vous en causer deux minutes si vous permettez. De toute façon, c’est moi le boss ici…

Beigbeder, il a une tête qui me fait flipper. Une sorte de génie un peu barré, je trouve. De grands yeux, une inexpression toute particulière, l’air de rien qui va vous sauter dessus au moment où vous vous y attendrez le moins. Il a 46 ans, il a bossé dix ans dans une boîte de pub, s’est lancé dans l’édition, s’est marié deux fois, a écrit un livre dont je fus fan –je dit “je fus” parce que je ne l’ai pas relu depuis un certain temps, mais j’imagine qu’il est toujours aussi énorme– : Nouvelles sous ecstasy.

Le héros du roman s’appelle Octave, est créateur dans une grosse boîte de pub, est profondément dégoûté par ce monde dans lequel il évolue, sniffe de la coke à n’en plus pouvoir, pète un câble et rêve de se faire virer. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il écrit ce livre. Sexe, drogue, slogans, déprime, sexe, drogue, slogans, amour, sexe, drogue, fuite, sexe… Bref, vous avez compris.

Six actes pour ce roman. “Je “, “tu”, “il”, etc. Comment faire une critique de ce roman ? J’ai été scotchée du début à la fin, le style est juste énorme, les mots crus, justes, incroyables, les situations surréalistes mais tellement quotidiennes, l’expression des sentiments est absolument renversante. Une histoire de trop tôt, trop tard, actes manqués, jeux de masque, regrets et conneries en tout genre. Honnêtement, on se prend je crois, une grosse grosse claque. Littéraire et psychologique. Ça énerve, excite, déprime, fait rire, culpabiliser ou pleurer, on ressent de la colère, de la frustration, de la tendresse, des envies de foutre des baffes dans tout ce qui bouge, de coller la tête dans son oreiller et de ne plus en sortir, de courir pour aller nulle part mais y aller quand même, de s’arrêter de réfléchir pour toujours. Bref, ça s’est un peu mélangé là-haut…

Le tout entrecoupé de pages de pub. De vraies pages de pub.

À lire. Nouvelles sous ecstasy aussi. Et le reste, je vous dirais plus tard, je retourne demain à la médiathèque et je fais le plein !

“-L’amour n’a rien à voir avec le cœur, cet organe répugnant, sorte de pompe gorgée de sang. L’amour serre d’abord les poumons. On ne devrait pas dire “j’ai le cœur brisé” mais “j’ai les poumons étouffés”. Le poumon est l’organe le plus romantique : tous les amants attrapent la tuberculose; ce n’est pas un hasard si c’est de cette maladie que Tcheckhov, Kafka, D.H. Lawrence, Frédéric Chopin, George Orwell et sainte Thérèse de Lisieux sont morts; quant à Camus, Moravia, Boudard, Marie Bashkirtseff et Katherine Mansfield, auraient-ils écrit les mêmes livres sans cette infection ? En outre, que l’on sache, la Dame aux Camélias n’est pas décédée d’un infarctus du myocarde; cette punition est  réservée aux arrivistes stressés, pas aux sentimentaux éperdus.”

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