Penchez-vous un peu mademoiselle ?

Oyez oyez, gentils damoiseaux, gentes damoiselles, et tous les autres aussi ! –ben oui, même ceux qui sont pas gentes et gentils, pas de discrimination ici !– –sauf les dindes kikoolol, mais on peut aisément comprendre pourquoi ^^ Bref.

Mercredi à 15h, j’ai eu un entretien d’embauche ! Ça vous en bouche un coin, hein ? C’était pour être « conseillère en formation » dans un institut de formation privé. Alors en fait, l’entretien n’a commencé qu’à 15h20, parce que le monsieur avait du retard. J’ai donc attendu 25 minutes –oui, j’étais un tout petit peu en avance, ça fait marquer des points, il paraît.– dans un hall d’accueil sur lequel débouchaient des toilettes sans doute bouchées, en tout cas fort odorantes. À côté de moi, l’énorme photocopieur faisait des « Bzzzt » et des « brrrrr » un peu flippants, comme quand une prise électrique merdouille un peu. Je n’osais plus bouger d’un iota. J’ai pris mon mal en patience à défaut d’un bouquin. Bouquin que j’ai regretté d’avoir oublié chez moi. En même temps, je lis la biographie de Joeystarr, je ne suis pas sûre que ce soit le type de pavé à apporter lors d’un tel rendez-vous.  Les rares revues qui traînaient sur une table basse blanche traitaient d’économie et de monde de l’entreprise, à fort caractère politique, et pas vraiment de mon bord de surcroît.

Au bout de ces quelques minutes d’attente passablement chiantes soporifiques –Quoique l’odeur persistante me tenait bien éveillée tout de même… Trop peur de m’asphyxier dans mon sommeil !-, le monsieur que je devais rencontrer sort de son bureau, sert la main d’une jeune femme qui prend congé et me demande d’entrer. Je m’installe. Il me demande mon CV. Je ne l’ai pas pris avec moi, les dernières fois où j’ai fait ça, ça n’a servi à rien. Mauvais point, il ronchonne un peu, je ne me démonte pas et lui dit que je le connais et peux lui raconter ma vie sans trop me planter. Il ne trouve pas ça drôle, galère à trouver mon CV sur son portable, lance son impression sur le gros photocopieur et va le chercher dans le hall d’entrée. –Le CV, pas le photocopieur.– Au passage, il y aura un gros courant d’air dans son bureau qui fera voler tout plein de papier que je ramasse à la volée et que j’entasse sur son bureau. On applaudit bien fort cette entrée remarquable !

L’entretien commence –je précise dès maintenant qu’il ne regardera pas une seule fois mon CV et je le soupçonne de ne même pas l’avoir lu avant de me proposer un entretien… Mais bon.– et il m’explique le poste. Ou plutôt LES postes. Enfin, le poste…

  1. Commerciale : démarcher les entreprises pour entamer ou pérenniser des partenariats, afin de placer chez ces entreprises des élèves de cet institut de formation. Phoning, déplacements, gestion de tout un tas de tableaux, lettres, repas d’affaire, tout le bordel bazar.
  2. Recruteuse / psychologue du travail : pré-selectionner les candidats pour les envoyer selon leur profil dans telle ou telle entreprise. Ou prendre sur soi de leur dire que non, ils ne sont absolument pas fait pour cette branche, et qu’ils devraient penser à une reconversion.
  3. RH : rédiger et faire signer les contrats aux trois parties : entreprise, élève, institut de formation. Bien sûr, se renseigner sur les conventions collectives, les OPCA, le droit des entreprises et des salariés, les machins, les bidules…

Tout ça sans diplôme exigé… Ben oui, voyons ! Le salaire ne dépasse pas le SMIC ! Un diplômé serait en droit de demander beaucoup plus !

Ensuite, les questions d’usage, qu’il avait bien préparées à l’avance –là, il les avait imprimées à l’avance par contre !– : 3 qualités, 3 défauts, « que doit savoir vendre un commercial ? », « dessinez la maison de mes rêves » –enfin, de SES rêves à lui-, est-ce que le fait de passer mon permis ne va pas me gêner dans mon travail –j’ai bien fait de ne pas évoquer mon fils !!-, pourquoi je vous prendrais vous et pas une autre,etc. Ça a duré une heure comme ça, et honnêtement, j’ai eu envie de lui balancer ma main en travers de la tronche à deux ou trois reprises. Mais j’ai tenu bon !

J’ai une réponse dans une dizaine de jours, mais je ne sais pas si je donnerais suite si elle est positive. Trouver du taff’, oui. Mais me faire entuber jusqu’à la moelle, je ne suis pas sûre... En même temps, au regard de ma situation, est-ce que j’ai vraiment le choix ? J’essaierai au moins de négocier. Après tout, c’est ce que fait tout bon commercial, non ?

Photo : Sinner70 sur Deviantart.

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4 réflexions sur “Penchez-vous un peu mademoiselle ?

  1. Mouais, c’est sur que certaines entreprises tablent sur le fait qu’il y a toujours du monde qui n’a pas trop le choix.
    Moi ce que je vois surtout, c’est qu’avec le même niveau de qualification, tu pourrais facilement postuler pour le poste du monsieur vu comment il a l’air tout aussi qualifié :p Mais bon bizarrement c’est pas ça qu’on propose en général :)

    • Plus je me repasse l’entretien en boucle, plus je vois un monsieur mielleux, et très gourmand. Genre « ça va dans les deux sens » (phrase répétée 15 fois en fin d’entretien), mais bon, c’est mieux si tu fais ton taff’ et un peu plus, et que t’en demandes pas trop, quoi. Je me tâte toujours.

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