En cloque, mode d’emploi

Hier soir, il n’y avait vraiment rien de passionnant à la télé, même pas une petite série du style Les Experts Machin-chose ou FBI, portés disparus. Bref, la grosse loose. J’avais bien enregistré deux-trois trucs préalablement, mais rien ne me tentait particulièrement. Et puis, j’ai vu que sur Téva passait ce film… En cloque, mode d’emploi. Une comédie romantique, parfait pour l’humeur du moment !

En cloque, mode d’emploi, c’est l’histoire d’une jolie demoiselle à qui la vie sourit qui va fêter sa toute nouvelle promotion en boîte avec sa sœur. Elle y rencontre un type genre T-shirt large, jean’s, pas mal geek et fumeur de joint. Un coup dans le nez, et hop ! Ça dérape ! Le lendemain, elle l’expédie hors de  sa vie devant un café fumant. Sauf que, quelques semaines plus tard, la donzelle vomit tout ce qu’elle peut, fait pipi sur une quinzaine de languette et se rend enfin compte qu’elle est enceinte… Bref, ces deux-là vont se retrouver et prendre la décision de garder l’enfant, et de tout faire pour que ça marche entre eux.

Dès le départ, je me suis dit : bof. Une comédie romantique, ça va me détendre, mais sans plus. Oui mais voilà. J’ai ri. Je me suis reconnue. J’ai reconnu mon homme. J’ai adoré certaines répliques. Les gamines sont trop choupinettes. J’ai aimé le point de vue masculin complètement paumé mais qui assume. J’ai adoré qu’on ne tourne pas au ridicule une femme enceinte qui pète un câble mais qui essaie de sauver la face. J’ai kiffé entendre une femme dire (presque) autant de gros mots à la suite lors d’une scène d’accouchement. Et le gynéco asiatique est juste magique.

Bref, ce n’est peut-être pas le film de l’année, mais je le reverrai avec plaisir !

Dessous de Vers

HDW, je vous ai parlé de ce garçon deux ou trois fois déjà, et bien je n’ai pas encore tout dit !

Il a sorti un petit livret super chouette, qui regroupe des textes écrits par ses petites mains, et par celles de « Silence », poétesse, plasticienne, « touche-à-tout ».

Je l’ai reçu dans ma boîte à lettres il y a quelques temps maintenant, et j’ai ouvert mon enveloppe religieusement. J’en ai sorti ledit livret et déjà, je l’ai trouvé visuellement très beau.

Et j’ai commencé à lire. Ou plutôt à dévorer…

Les textes, de slam et de poésie, traitent du sujet de l’alcool –Vu le titre, on s’en doute, mais je préfère préciser…– de façon émouvante, tragique, ironique, sarcastique. Des jeux avec les mots, sur les silences, la ponctuation, et déjà quelques passages cultes :

En plus ça donne envie de pisser

Et si tu veux te retenir

On est pas là pour t’aider :

Pssiiit…goutte, océan, lac, mer, pluie, flaque,

Petit robinet qui coule

ou encore :

Je pue ? J’suis sale ? Et j’colle ?

Je s… ? J’suis p… ? J’pic… ?

Bref, j’ai adoré. Un délice. Si vous êtes tentés –et je sens bien que vous l’êtes…-, vous pouvez encore en commander –à cette adresse : h-d-w@hotmail.fr-, pour la modique somme de 3€ + frais de port –sauf si vous habitez au Mans ou alentours, auquel cas vous bougez vos fesses au Silo

Photo : JP Vallienne

Livres de vacances

Glandouiller sur la plage, c’est sympa. Mais j’aime bien bouquiner quand je glandouille sur la plage.

Du coup, j’ai fait un tour dans ma bibliothèque au rayon des livres que j’ai acheté / emprunté / récupéré je-ne-sais-plus-où et j’ai choisi :

  • Le soleil se lève aussi, d’Hemingway
  • Credo, de Jean-Francçois Prévost
  • La nostalgie du paradis, de François Archambault
  • le dernier numéro de Psychologies magazine.

Et j’ai pris mon carnet pour écrire aussi.

Photo : LuthienAngel sur Deviantart.

Sex and the City

L’amour, c’est quand même un putain de truc. Je ne sais pas pour vous, mais moi, je suis un véritable cœur d’artichaut, et c’est pas facile à vivre tous les jours. Je tombe amoureuse comme je me fais des bleus. Et je me fais beaucoup de bleus. Et puis je me rends compte que je ne suis pas amoureuse, alors je suis déçue, ou je me sens bête. Et puis je me demande ce qu’est vraiment l’amour. Comme dans Les Poupées Russes… « C’est quoi ce bordel avec l’amour », et tout.

Aimer, c’est quoi ? Regarder ensemble dans la même direction ? Wouah, le cliché ! Faire les 400 coups avec sa moitié ? Bof, je pense que ça tue un couple ça. Faut-il vivre ensemble ou pas ? Doit-on partager les mêmes rêves, les mêmes projets, les mêmes envies ? Au final, n’est-ce pas qu’une histoire d’hormones comme certains scientifiques nous l’expliquent ? La femme choisirait « son homme » en fonction de caractères physiques qui lui prouve sa force, sa capacité à devenir un bon père, ou bien est-ce que ça se passe au niveau des phéromones ? Est-ce que passer sa vie entière avec une seule et même personne est vraiment de l’amour ? Est-ce que l’infidélité, c’est un manque d’amour ? –J’en ai des tas comme ça. Je vous dirais bien de m’arrêter quand vous en avez marre, mais comme moi-même j’en ai déjà marre, je vais m’auto-arrêter là.

Bref, j’ai lu Sex and the City, de Candace  Bushnell.

Et le constat est plutôt amer en fait. Au travers de personnages New-Yorkais pour la plupart, au travers de situations, au travers de témoignages recueillis, la narratrice nous présente une vision de la vie de couple plutôt… ahurissante. D’autant plus qu’elle est réaliste. Du sexe, du pouvoir, une faim de relations, mais aucune envie de se mouiller plus que ça. Se marier ? Pourquoi faire avant un certain âge ?! –Regardez-les, ces jeunes mères de banlieues, complètement folles de leurs gamins, à ne plus savoir quoi faire de leur vie !– Et puis, ça devient obligatoire, mais super compliqué parce que les hommes veulent des femmes jeunes. Et les femmes, des hommes riches. Voitures, restos, drogue, soirées mondaines, tout le monde connaît tout le monde grâce aux ragots, aux rumeurs, à ce que raconte Unetelle qui ne dira pas le même chose que Bidule qui sera lui-même épinglé par Machin dont a parlé Unetelle.

J’ai eu du mal à accrocher. Se perdre entre les personnages n’est pas un problème en soi puisqu’il s’agit plus de dépeindre une situation générale et plutôt dérangeante de ce qu’est l’amour aujourd’hui. On ne touche pas le fond, on va droit dans le mur. C’est déprimant, même si certains traits d’humour –noir pour le coup, j’ai trouvé– viennent « égayer » un peu la chose. Il n’y aurait donc aucun naturel, aucune spontanéité dans de tels sentiments ? Même les gens détestés sont présents aux soirées et salués comme n’importe qui. L’amour, la haine, tout se mélange. L’amitié ne tient plus, les langues sont de bois et tout ça me rend triste.

Définitivement, le pays des Bisounours n’existe pas.

To Rome with love

Dimanche a été une journée émotionnellement éprouvante, mais passons, là n’est pas le sujet ! Pour m’accorder un moment de détente, j’ai décidé en quelques minutes d’aller me faire une toile. Le dernier Spiderman est, aux dires de l’Expatrié, un très bon opus de la série. Oui, mais voilà. J’ai découvert Woody Allen avec Vicky Cristina Barcelona, et c’est donc sans grande surprise que mon cœur m’a dicté ma conduite. To Rome with love, très chers !

Alors l’histoire, ou plutôt, les histoires…

Des couples, des touristes, des Romains, des étudiants, qui se forment, qui datent, tout ça se croise et se mêle sans forcément se rencontrer. Il y a les jeunes mariés un peu coincés qui vont se lâcher ; le couple qui se rencontre au début du film et qui font se rencontrer leurs parents respectifs, une jeune femme qui présente sa meilleure amie à son petit copain…

Un casting de rêve ! Bien évidement, j’ose dire, Penelope Cruz ! Woody Allen complètement excellent, l’inénarrable Roberto Benigni, Jesse Eisenberg –que j’adore !-, Ellen Page, toujours aussi touchante que dans Juno, Alec Baldwin, qui a tendance à m’agacer un peu d’ordinaire, mais sur qui j’ai totalement craqué ici ! –Quant aux yeux de Riccardo Scamarcio !!! Agrouuu !– Je suis allée le voir en VO –je ne sais même pas si il existe en français, mais ça serait grave dommage !-, et les accents qui se mélangent, moi, ça me fait fondre ! Les situations sont absurdes mais on marche dedans les yeux fermés et le sourire au lèvre. Tout s’enchaîne naturellement et on ne se perd même pas entre les histoires tellement différentes de chacun des personnages.

Les couleurs sont encore une fois magnifiques, la ville est splendide et magnifiée par les plans généralissimes, un pur moment de magie. La BO apporte sa touche finale à l’ensemble, un peu comme dans les films de Tarentino, Woody Allen sait choisir ses morceaux ! J’ai retrouvé quelques jolis effets bien théâtraux –à mon sens– comme cette chouette présentation ou conclusion, ou bien les apartés menés de main de maître par Alec Baldwin… Le jeu des acteurs est exceptionnels, c’est précis, naturel, simple, du grand art. Pas de projecteur sur l’une ou l’autre des têtes d’affiche, tout le monde est sur un même pied d’égalité, et ça fait vraiment plaisir de voir que personne ne tire la couverture à lui.

Le ciné dans lequel je vais voir mes films est un indépendant qui galère un peu dans le coin, écrasé par la machine Pathé. De temps en temps, ils proposent des rétrospectives de réalisateurs, comme Tim Burton actuellement –Mars Attack, Edouard aux mains d’argent, Sleepy Hollow…. J’attends avec impatience la rétrospective Woody Allen, mon porte-feuille moins… Quoique l’ouvreuse m’a dit que je ne faisais franchement pas plus de 26 ans !! –un peu de malhonnêteté de ma part et je passais au tarif étudiant, tiens !

Bref, si vous n’aviez pas encore compris que je suis sous le charme de M. Allen…

Madagascar 3

La semaine dernière, ma Princesse a eut sept ans. Pour fêter ça, nous sommes tous allés voir Madagascar 3 au cinéma, en 3D !

Madagascar, j’avais trouvé quelques longueur –notamment tout le passage où Alex se retrouve sur son rocher-, mais j’avais par ailleurs beaucoup ri et adoré Melman !

Madagascar 2, je m’étais encore bien marré, bien que certains moments me semblent un peu tirés par les cheveux. Mais quel bonheur de voir autant de Marty sur un même écran !

Madagascar 3, je l’ai trouvé bordélique au possible. Ça part dans tous les sens, des fois, ça se tient, mais on ne sait pas bien comment. Et la scène du cirque vire au grand n’importe quoi psychédélique. Mais qu’est-ce que je me suis éclatée !! J’ai vraiment ri comme une gamine, ma Princesse a ri comme une gamine, Machoune a ri aussi comme une gamine, bref, je crois qu’on était tous des gamines. Heu… Sauf mon Bro’ qui était un gamin. Mais l’esprit était bien là. La 3D ? Toujours difficile à supporter pour mes petits yeux, mais on sent que ce film-là a été fait pour ça : projections de tout un tas de trucs, effets de ouf pendant la fameuse scène du cirque, bidules qui volent un peu partout… De très très beaux effets ! Conclusion ? Si vous voulez en prendre plein les yeux et ne pas attendre trois mois pour vous marrer devant votre écran du salon, allez-y, c’est rafraîchissant !

Lectures glauques d’une fin de printemps

Je viens de tuer ma femme. Ce qui m’ennuie, c’est les faire-part. Je dois absolument les écrire avant d’aller à la gendarmerie. Évidemment je n’ai plus de timbres. Je lui avais pourtant demandé d’en acheter. En prévision.

C’est ainsi que débute le court roman d’Emmanuel Pons, Je viens de tuer ma femme. Emmanuel Pons vient de tuer sa femme à coups de couteau. Il veut se rendre, mais doit acheter des timbres pour les faire-part de décès avant. Mais encore avant, il veut avouer son meurtre à une personne qui le mérite, pour lui permettre d’entrer dans la postérité de ce petit village : celui (ou celle) qui savait avant tout le monde. Mais ça dérape. Après plusieurs tentatives d’aveux, Emmanuel Pons décide de se débarrasser du corps de sa femme pour faire croire à une disparition. Encore une fois, ça dérape. Et puis apparaissent les rêves. On suit les pensées du narrateur, sa solitude retrouvé, sa liberté, ses doutes, sa folie et sa lucidité. Quelques passages tournent vite glauques et peuvent déranger, il faut aimer l’humour noir. Très noir. Je me suis vraiment glissée dans la peau de cet homme, j’ai vu à travers ses yeux, j’ai ressenti les mêmes choses que lui et parfois, c’en est très effrayant. Et j’ai été émue aussi. À lire !

Je voyais tous les animaux passer dans un silence de songe. J’ai pensé, ils se taisent pour n’alerter personne, ils se sauvent, les animaux se sauvent, et je me suis mise à rire tout doucement pour ne pas qu’ils m’entendent et viennent me dévorer.

Cette fois, c’est une femme, Lili, qui, une nuit d’insomnie voit passer dans son jardin tous les animaux du zoo voisin. Quand elle y retourne le lendemain, pour vérifier qu’ils sont tous revenus, elle aperçoit un homme qu’elle n’a pas vu depuis des années, un homme qui l’a sauvée puis abandonnée, un homme qu’elle a aimé plus que tout, un homme qui lui fait mal. Les souvenirs refont surface. On se balade entre le passé, la vie d’une enfant, fille d’un membre du “parti”, et le présent, le quotidien bouleversé d’une femme qui ne sait plus où elle en est. L’auteur, Véronique Ovaldé, écrit des phrases à rallonge, des phrases à nombreuses virgules, des bouts de phrases qui s’entre-complètent, qui apportent une vraie sensibilité au roman. J’ai frémi, de peur, d’émotions variées. Je suis restée scotchée, tant par l’histoire que par cette écriture simple, naïve mais qui dit tellement de choses ! J’ai adoré, Les hommes en général me plaisent beaucoup.