Portrait d’élève…

Il est en CE2. Il a redoublé son CE1. Il est gentil comme tout, volontaire, souriant, énergique, attentif. Mais il a de grosses, très grosses difficultés scolaires…
C’est mon Schtroumpf du lundi et du vendredi ! Les premières minutes ont été très timides. Je ne savais pas forcément comment m’y prendre, quel était son niveau, sur quoi bosser en priorité ; et lui, de son côté, il était comme d’habitude en classe : perdu.

Et puis, il a pris son stylo pour écrire la date sur son cahier. Et j’ai pu lire l’ampleur des dégâts. Ou plutôt non, je n’ai rien pu lire du tout… Une catastrophe ! Il ne sait pas former ses lettres, il en inverse, en oublie… Il ne connaît pas les majuscules, ne reconnaît pas forcément les mots –« le vieux éteint sa lampe » est ainsi devenu « le vieux est sa lampe »… Il avait oublié « un »…– On fait le pari qu’à la fin de l’année, il écrit comme la maîtresse. Je lui invente tout un tas de petites histoires pour se rappeler l’orthographe des mots –si vous en avez, je suis preneuse !-, du style : « village », ça prend deux « l », parce que dans un village on trouve toujours deux choses : une mairie et une église. C’est bête, mais il s’en souvient.

On fait aussi un peu de grammaire. La ponctuation ! Ce sont surtout des révisions, ce n’est que le début de l’année. Il sait à peine à quoi sert un point, et je ne parle pas des autres signes… Pour lui, un apostrophe entre deux lettres est un signe de ponctuation. Rebelote, j’invente des histoires pour lui expliquer la différence entre un point, un point d’exclamation, un point d’interrogation et une virgule. Le reste, on verra plus tard. Il a super bien compris, mais est quand même obligé de se raconter mes petites histoires avant de décider comment terminer une phrase, alors ça prend du temps, et il prend du retard, et ça l’ennuie de ne pas aller au même rythme que les autres. Alors il faut que je lui explique que ce n’est pas grave, je lui raconte la fable de la Fontaine, avec un certain lapin, et une certaine tortue, ça le fait sourire et ça le rassure. « Une tortue, ça a une maison, c’est super pratique, et en plus, ça mange de la salade, j’aime bien la salade. »

Je serre les doigts pour qu’on ne me retire pas ce gosse-là, qu’on me laisse dans cette école, qu’on ne me sorte pas de cette classe.

Le courant avec les autres élèves passe immédiatement ! Il y a en a d’autres en difficultés aussi dans cette classe-là, du coup, avec l’instit’, on décide d’instaurer un système de petits groupes. Quand une notion ne sera pas comprise par deux ou trois élèves seulement, c’est avec moi et mon Schtroumpf qu’il la reverront, d’une façon différente, plus posée et privilégiée.

Arrive mon week-end, que je savoure. Quand on ne travaille pas, on se fout des dimanches, des samedis, puisqu’on fait la même chose que le reste de la semaine. Là, je profite vraiment du temps avec Petit Potam, je me balade, je lis, j’écris, pour de vrai, sans stress.

Lundi, je retrouve mon Schtroumpf, avec un quart d’heure de retard –Shame on me !– mais il ne m’en veut pas. Le « méchant flic » débarque dans la matinée et m’enlève à la classe. Les enfants sont un peu paniqués, ils ont peur que je parte, que je me fasse gronder, que je me perde… Mais je reviens ! Avec une bonne nouvelle, puisque je resterai avec mon Schtroumpf toute l’année, et qu’en complément, j’irai prêter main forte en maternelle, de l’autre côté de la cour de récréation ! « Dis, tu viendras nous voir pendant tes récrés à toi ?? »

Photo : DerechteBigfoot sur Deviantart.

Back to school !

J’ai passé un entretien qui a duré quinze, peut-être vingt minutes. Il y avait un « bon flic » et un « méchant flic », comme dans les films, comprendre le directeur d’une école plutôt sympa, et un inspecteur un peu plus sec, avec des questions bizarres et un regard peu rassurant quant à la possibilité d’une éventuelle embauche.

Finalement, le lendemain, j’avais un message sur mon répondeur, me demandant de rappeler urgemment le méchant flic. Ce que j’ai fait au plus vite donc. La bonne nouvelle est tombée : c’est moi qui prend le poste ! Wouhou !! Je serais contactée dans les prochaines semaines par un établissement du coin pour venir signer mon contrat et connaître mes affectations.

Le vendredi de la même semaine, soit trois jours plus tard –les semaines vont vite dans l’Éducation Nationale !-, j’ai un appel du collège en charge de l’administratif me concernant : je dois illico presto me présenter ! « Vous commencez jeudi matin ! » Dans une semaine. Chouette, tout arrive vite, j’aime ça ! Je m’empresse donc d’aller signer mon contrat. La directrice de l’établissement est très gentille, m’explique tout bien –et je vous assure qu’il y en a des choses à expliquer !-, je signe plein de trucs, colle mes initiales dans plein de coins, etc.

Ma première mission est d’appeler les deux écoles dans lesquelles je vais intervenir pour définir mes horaires. Car c’est à moi de m’occuper de ça. Je dois aussi prendre rendez-vous avec un médecin choisi dans une liste pour faire ma visite médicale.

J’appelle la première école, je connais déjà le directeur, puisque c’est lui le « gentil flic » de l’entretien. Lui, il s’en fiche, je dois voir ça avec l’autre école. Bon. Je téléphone à la seconde école. Et là… J’apprends à la directrice qu’elle bénéficie d’une aide –de mon aide– pour un de ses élèves. Elle est super heureuse, est prise au dépourvu, bref je vous passe deux ou trois détails, mais au final, c’est l’instit’ concernée qui me rappelle plus tard pour créer une grille d’horaires. Le lundi et le vendredi avec elle, le mardi et le jeudi dans la première école.

Mon premier enfant est un petit garçon en CP, à forte tendance hyperactive. Il n’est pas diagnostiqué, les parents ne veulent pas en entendre parler. Mais il souffre en effet de forts troubles du comportement. Le courant passe tout de suite, j’arrive à le faire tenir en place et même à bosser un peu. Il est super intelligent, très rapide, adorable. En fin de matinée, il faudra que je sorte avec lui dans la cour pour courir, respirer, parler, gigoter, crier, rire, changer d’air et passer à autre chose, car il ne tient plus en pace. Tout se passe très bien jusqu’à 16h environ. Ou il me fait sa première crise… Marche de long en large, le regard totalement ailleurs, des spasmes dans les bras et les épaules, les mains qui tapent parfois la tête, les oreilles. Je commence à flipper un peu, surtout qu’il ne se calme pas. Retour dans la cour pendant un bon quart d’heure, il se calme un peu, mais ce sera tout pour la journée.

Tout ça dans un contexte un peu bizarre puisque j’apprends pendant ma pause déjeuner que, peut-être, mais rien n’est sûr, je ne vais pas rester dans cette école avec cet enfant, que je vais être remplacée ici pour aller travailler ailleurs… Mais pour l’instant, chut… Rien n’est officiel…

Photo : Iuliana13 sur Deviantart.

L’heure des comptes

Et donc, Jim Laboulette décrocha un taff’.

Début octobre, je me retrouverai à un poste d’assistante de vie scolaire auprès d’enfants handicapés. En gros, pour ceux qui ne connaissent pas, je vais accompagner deux enfants handicapés en classe et les aider à accomplir certaines tâches. Il s’agit d’un contrat aidé, 24 heures hebdomadaires, sur une durée de trois ans si tout va bien. Éventuellement renouvelable.

Sauf que, bien entendu, mes APL et mon RSA risquent de s’en trouver sérieusement diminués, selon quelques infos que j’ai pu choper sur le net. Petit moment de panique ce matin. Je me suis alors renseignée plus officiellement sur ce que cela allait engendrer, et non, je ne devrais normalement pas être plus dans le caca que d’habitude. Peut-être même un peu moins ! Enfin… Vu qu’il faut que je finisse de payer mes dernières heures de conduite, que j’achète ma voiture, que je paie l’essence et l’assurance, ainsi que les frais de scolarité pour l’année à venir, ça risque de revenir au même, –du moins, pendant quelques mois, le temps de redresser la barre– mais enfin. Si j’ai besoin de 40euros de rab’, je laisserai la voiture au garage pendant une quinzaine de jours et puis voilà ! –optimisme, quand tu nous tient…

Photo : Andreregitano sur Deviantart.

La ptite bête qui monte !

10 juillet : je passe mon code, et contre toute attente, je l’obtiens.

13 août : mon dossier est accepté à la fac pour passer une licence par correspondance.

27 août : je passe mon permis, et contre toute attente, je l’obtiens.

30 août : j’ai un nouveau frigo, ma cuisine n’est plus inondée par l’ancien qui fuyait à cause d’un joint de porte super naze.

2 septembre : on me propose de me vendre à très bas prix une petite voiture bien chouette, et bien sûr, j’accepte.

10 septembre : je passe un entretien.

11 septembre : j’ai un boulot.

28 septembre : Dex part s’installer à plus de 350km d’ici, pour une formation d’un an, qui lui permettra d’évoluer professionnellement.

Dans la vie, on ne peut décidément pas tout avoir, et il faut savoir se contenter de ce qu’on a tant qu’on l’a. Alors oui, je suis contente de ce que j’ai réussi à décrocher. Et je suis contente que Dex ait décroché cette formation : 12 candidats retenus sur 90, plutôt pas mal, non ?

Photo : Pandaen sur Deviantart.

Un coeur de sportive ?!

Je suis allée chez le médecin pour un truc bizarre, les oreilles qui bourdonnent sans cesse, une hyper-sensibilité au bruit, une impression de voile sur le tympan. Le truc chiant, dû à une rhino-truc allergique. Mais là n’est pas le sujet. Ledit médecin a prit ma tension et mon rythme cardiaque.

Je ne suis pas sportive pour deux sous. Je marche tous les jours, entre vingt minutes et une heure, d’un bon pas. On me dit souvent que je suis énergique, qu’on a du mal à me suivre. En plus de ça, je monte et descends en sautillant mes cinq étages très souvent. Je préfère mes pieds aux transports en commun. Je profite de mes longues journées de chômage pour me balader en ville, en bord de Loire, je vais chercher mon fils en marchant…

J’ai un rythme cardiaque à 48. Genre sportif de haut niveau.

Et je compte reprendre des cours de danse, genre zumba, une heure par semaine, puisque c’est la mode et que je n’en entends que du bien. Si je descends à 30, je paie le champagne !

Photo : Zamoht sur Deviantart.

La question du jour

Aujourd’hui, interrogeons-nous deux minutes sur un sujet hautement important ! Sans vous faire languir plus longtemps, voici LA question du jour :

Qu’est-ce qui pousse un chômeur à se lever le matin ?

Imaginons un chômeur…

8h, le réveil sonne. 8h10, le chômeur se lève et se rend dans la salle de bain. 8h30, c’est l’heure du petit dèj’. 8h50, le chômeur est fin prêt.

9h, le chômeur a consulté la météo du jour, checké ses mails, et est en train de scruter les annonces du site Internet P*le Empl*i à la recherche d’une offre correspondant à son profil.

9h15, le chômeur envoie une télécandidature pour une mission Interim de douze jours qui nécessite trois ans d’expérience dans un domaine où il en a à peine deux. Puis, il se balade sur toutes les plate-formes de recherche d’emploi. Il chope une ou deux informations par-ci par-là mais rien de vraiment très concret.

10h10, la session recherche d’emploi touche à sa fin et le chômeur s’accorde une petite pause café.

10h40, soit trois mugs de café  plus tard, le chômeur est en pleine forme et s’attaque au ménage qu’il a déjà fait la veille et l’avant-veille. Armé de son aspirateur, il invente des moutons de poussière sous la table de la salle à manger. –qui n’a pas servi depuis une semaine, le chômeur mangeant tous les jours en tête-à-tête avec le rouleau d’essuie-tout posé sur la table de la cuisine– Il vérifie que ses chemises sont toujours bien repassées, sur leur cintre, dans l’armoire et en repasse une ou deux qui présenterait un léger défaut à l’arrière du col. –en fait, c’est une couture, mais chut… On ne stoppe pas un chômeur dans ses occupations !– Il aère toutes les pièces de son appartement et remercie les ouvriers qui travaillent sur l’immeuble de l’autre côté de la rue d’avoir projeté de minuscules particules de poussières sur les carreaux –à moins que ce ne soit un reflet dû au soleil…– : justement, ça le démangeait de la chiffonnette.

11h45, le chômeur se fait la cuisine. Au programme, restes de la veille au soir, réchauffés au micro-ondes, ainsi que du riz ou des pâtes pour agrémenter le tout. –c’est surtout que du riz ou des pâtes, ça met entre six et onze minutes à cuire, et c’est autant de temps gagné sur la journée.

12h, le chômeur mange en regardant les infos. D’abord sur la 3. Puis sur la 2. Commence ensuite une séance zapping entre séries, émissions, pubs… –le chômeur connaît tellement bien ces dernières qu’il se demande si ce n’est pas lui qui les a imaginées et réalisées. Mais oui ! Si ça se trouve, le chômeur a un boulot mais ne s’en rappelle pas !

14h30, c’est l’heure de la sieste pour le chômeur qui attrape son troisième bouquin de la semaine et se réfugie sur son lit pour prendre un peu de repos pendant une petite heure.

16h, le chômeur goûte. Pain, beurre, pâte à tartiner, petits gâteaux, crêpes… –le chômeur aime bien les crêpes, ça ne coûte pas cher et le temps de préparation peut s’étirer en longueur

16h30, le chômeur reprend ses activités de recherche d’emploi. Depuis le matin, les employeurs ont eu le temps de le recontacter ou de publier de nouvelles annonces !

17h, rien de neuf. Le chômeur va faire des courses. Ou acheter du pain. Ou poster une lettre. Ou il descend les poubelles –le chômeur a investi dans des sacs poubelles 10L pour les changer quotidiennement et donc avoir quelque chose à faire tous les jours– et récupère au passage son courrier.

19h, c’est temps libre pour le chômeur. Les travailleurs sont pour la plupart rentrés chez eux, ou du moins, en train de quitter le bureau. Le chômeur sent le poids de sa journée sur ses épaules et ne culpabilise pas de faire, pour une fois, comme tout le monde : il traîne sur facebook, passe quelques coups de fils, regarde les horaires de ciné ainsi que le programme télé et file dans la cuisine se préparer un bon petit plat.

20h45, le chômeur passe à table.

22h45 environ, le chômeur est douché, prêt à aller se coucher. Il prend le pavé entamé la veille et qu’il aura fini dans deux jours à peine et va se glisser sous la couette.

Maintenant, imaginons le même chômeur, mais dans la vie réelle cette fois…

9h55, le réveil sonne -toujours avant 10h pour ne pas culpabiliser

10h45, le chômeur se lève et va prendre son petit dèj’ devant son PC pour checker ses mails, son espace candidat sur tous ses sites favoris de recherche d’emploi, son blog, son facebook.

11h50, le chômeur fait un passage par la salle de bain.

14h, le chômeur réchauffe son repas de la veille et se colle devant la télé.

17h, le chômeur prend un goûter sur son balcon parce qu’il a vraiment trop la flemme de sortir se promener tout seul.

19h30, le chômeur prépare son repas.

20h45, le chômeur mange sur son canapé devant la télé.

23h30, le chômeur va prendre une douche, son pavé du moment et va se coucher.

2h du mat’, le chômeur ne dort toujours pas. Tu m’étonnes, avec toute l’animation de la journée, pas évident de faire retomber l’excitation !

Voici donc maintenant LA réponse à La question : Qu’est-ce qui pousse un chômeur à se lever le matin ?

Rien. Ou alors le plaisir de découvrir de nouvelles pubs à la télé.

Bonne journée !

Photo : Laura242 sur Deviantart.

L’info ironique du jour

Je galère pour trouver du taff’. Jusque là, Ok.

Hier, je suis tombée sur une annonce : on recherche deux comédienne pour un court-métrage, quelques heures de tournage seulement. J’ai postulé. C’était du bénévolat, mais c’est chouette, j’aime bien le bénévolat. Et puis, au moins, ça m’aurait occupé.

J’ai juste envoyé un mail demandant quelques renseignements…

Alors non, on ne veut pas de moi, même pas de CV, même pas de photo actuelle, parce que « sauf erreur », je suis la comédienne ayant joué dans tel spectacle il y a quelques temps –cinq ans pour être précise– et que –je cite– « Nous cherchons une jeune femme d’apparence fragile et tu ne corresponds pas physiquement au profil recherché. »

C’est la première fois de ma vie qu’on me compare à une bûcheronne ! D’habitude, c’est plutôt à un moucheron… ^^