Ça, c’est fait. La suite.

Je t’ai attendue, toi ! Lundi, on m’annonçait ton arrivé dans « 48 heures maximum ». Mais tout le monde me disait que « ça va plus vite, en général, tu as ta réponse le lendemain ». Sauf que voilà, toi, tu as pris ton temps.

Lundi soir, j’ai eu du mal à m’endormir. Dans la nuit, j’ai rêvé… J’ai retracé tout le parcours, en ajoutant des STOP virtuels que j’aurais grillé, des limitations de vitesse que j’aurais dépassées, en plus de ce coup de volant à trente secondes de couper le moteur.

Mardi, rien. Mais je savais déjà que tu ne m’annoncerais pas une bonne nouvelle. J’étais… effondrée, on peut le dire. Bro’Brun a tenté de me remonter le moral, mais rien n’y a fait. La fin du monde, tu visualises à peu près ?

Mercredi, mes espoirs s’écrasent au sol. Je crois même qu’ils commencent à creuser pour se rendre chez le voisin du dessous. Imagine la tronche de mon voisin !

Jeudi, je me prends à croire que peut-être, éventuellement, sur un malentendu… Des fois que… On ne sait jamais… Bon, au fond de mon petit cœur, je SAIS que ce n’est pas possible, et que c’est bien une mauvaise nouvelle que tu m’apporteras… Un jour. Puisque pour l’instant, aucun signe de toi. Visiblement, on ne t’a même pas déposée dans un bureau de poste !!

Vendredi, je cours au rez-de-chaussée, je sais de source sûre que le colis que j’attends est arrivé ! J’ouvre ma boîte, fébrile, je prends mon petit colis, et je te trouve là, glissée, cachée en-dessous, timide, gênée et presque rougissante. Je t’attrape et fais mine de rien. Après tout, mon colis est là, et toi tu n’arrives pas au bon moment. Avant l’heure, ce n’est pas l’heure. Après l’heure, ce n’est plus l’heure. Je me promets de ne te décacheter qu’après avoir admiré mes petits achats. Et si je me faisais infusé un thé aussi ? Et puis, j’ai des courses à faire, après tout, tu m’as fait poireauté un bout de temps ! Chacun son tour !

J’entame l’ascension de mes cinq étages, à pied, tranquillement, presqu’en sifflotant. Mais je surprends mes jambes en pleine accélération, et je finis par sauter de marche en marche, en te serrant de plus en plus fort dans mes doigts, des « s’il te plaît s’il te plaît » coincés entre mes dents, comme si ils pouvaient encore changer quelque chose.

J’ai claqué la porte derrière moi, j’ai jeté mon colis sans aucune importance désormais, STOP.

J’ai doucement décollé ton rabat. Je n’ai rien déchiré malgré mes tremblements. J’ai sorti le papier que tu contenais…

J’ai hurlé. J’ai appelé mon Bro’Blond. J’ai pleuré. Je n’en revenais pas.

Je suis Jimmy Laboulette. J’ai 27 ans. Il me manque quelques dents. Mais j’ai mon permis. 

Ça, c’est fait.

Je suis arrivée en avance. Il y avait plein de jeunes stressés. Je l’étais aussi, vous me direz. Vous êtes arrivés dans une voiture estampillée « auto-école », côté passager. Vous êtes descendue avec votre gros carnet, votre sac, votre air pressé et j’ai tout de suite pensé que j’espérais ne pas monter à côté de vous. La voiture est repartie sans vous. Celle de mon auto-école à moi est  arrivée, conduite par une monitrice que je ne connaissais pas. La seule avec qui je ne suis jamais montée. La seule qui ne m’a jamais vue. Elle m’apprend que je suis la première à passer des trois candidats présents, de la même enseigne que moi. Je suis un peu soulagée, je n’aurais pas à attendre que mon taux de stress crève le plafond. Vous êtes ressortie du bâtiment, vous êtes passée devant moi sans un regard, la monitrice était au téléphone, vous l’avez ignorée. Vous êtes allée saluer un collègue et vous êtes revenue près du véhicule. Votre regard ne m’a même pas effleuré, vous n’avez absolument pas réagi à mon « bonjour » souriant malgré la pression. Vous avez serré la main de la monitrice qui s’est excusée d’avoir eu l’outrecuidance d’être au téléphone quand vous êtes arrivée à sa hauteur la première fois. Vous n’avez pas relevé et êtes montée dans la voiture sans un mot pour moi. Je me suis installée : réglage du fauteuil, rétroviseurs intérieur puis extérieurs. « Vous avez votre carte d’identité ? » J’ai reculé mon siège pour attraper mon sac déposé à l’arrière du véhicule, j’ai attrapé mon « livret d’apprentissage », j’en ai sorti ma carte nationale d’identité. À votre demande express, j’ai tendu mon enveloppe « MAX ». Je vous ai demandé si il vous fallait ma convocation ou mon livret, votre réponse fut très simple « Non. » Je n’ai pas insisté. Vous avez jeté ma carte d’identité vers l’arrière, c’est la monitrice qui l’a ramassée sur le sol pour la poser sur mon sac.

« Ça y est ? Vous êtes installée ? » –toujours sans aucune sympathie– « Oui, c’est bon. » –toujours avec ma bonne humeur, mais déjà un peu moins d’assurance face à ce joli mur brun aux yeux clairs– « Vous mettez le contact et on y va ? » J’ai mis le contact et on y est allée. À gauche. Je n’avais pas la visibilité, une berline était garée n’importe comment, mais j’ai géré. Je n’étais pas super assurée dans les premiers mètres, mais j’ai géré mes contrôles, mes arrêts, mes passages de vitesse, mes distances de sécurité, ma vitesse,… Vous m’avez proposé un créneau à droite. J’ai serré un peu trop la voiture stationnée et vous me l’avez fait remarqué, la marche arrière est mal passée –c’est chose courante sur ce modèle…– et tant bien que mal, j’ai réussi un beau créneau bien rangé. J’étais en train de remettre mes roues droites, je m’apprêtais à mettre le point mort et le frein à main pour vous signifier que j’avais terminé ma première manoeuvre avec succès, mais vous ne m’avez pas laissé le temps et demandé de repartir « dès que ce sera possible ». Je suis repartie sans encombre.

Nous avons pris la direction de la rocade. Voie d’insertion, nickel. J’ai fait mes contrôles pour effectuer un dépassement, mais au moment où j’allais me lancer, vous m’avez prévenue que nous sortirions à la prochaine sortie, celle que le panneau venait juste d’indiquer. J’étais en train de comprendre votre façon de faire : me prévenir au dernier moment de la direction à prendre –y compris dans les ronds-points, pratique pour emprunter la file de gauche ou de droite selon la sortie…-, et je me suis sentie me liquéfier sur place. Pourtant, là encore j’ai géré la voie de décélération, comme pour vous faire un pied de nez genre « Ahah ! T’as voulu me coincer ? Ben mange-toi ça ! » La monitrice à l’arrière ne disait plus rien, je sentais comme une tension un peu bizarre dans l’habitacle…

J’ai adapté mon allure à la circulation urbaine. Passer de 90 à 50 en quelques secondes, ça n’était pas mon fort avec Brushing-Boy, mais avec vous, j’y ai pris garde, je sentais que vous ne me laisseriez rien passer. Je profitai d’un feu qui peinait à passer au vert pour respirer à fond et me rassurer mentalement. Je n’avais commis aucune faute éliminatoire, j’avais manqué de punch à un moment, mais je m’étais rapidement reprise. J’attendais les questions intérieur et extérieur, et la deuxième manoeuvre que je pourrais choisir. J’attendais que vous me demandiez de suivre un itinéraire pour être totalement « autonome pendant cinq minutes » aviez-vous dit. Mais j’ai vu que vous me faisiez reprendre le chemin du centre d’examen. Ça ne faisait qu’à peine 20 minutes que je roulais, j’avais en théorie droit à 35 minutes, j’avais droit à un examen complet, pas à une espèce de truc vite-fait parce que vous n’aviez pas le temps aujourd’hui !

Et pourtant. « Vous rentrez sur le parking d’examen s’il vous plaît, en faisant attention aux cônes de signalisation. » Vous m’avez demandé d’effectuer une marche arrière en ligne droite alors qu’il y avait trois voitures en plus de la nôtre sur ce minuscule parking et environ 15 personnes. Je n’avais pas eu la place de remettre mes roues droites à cause du peu d’espace dont je disposais en entrant, mais j’entamai ma seconde manoeuvre imposée elle aussi. Doucement pour justement bien me repositionner avant d’accélérer. Mais ça ne vous a pas convenu pas et vous m’avez demandé directement de mettre un « bon coup d’accélérateur » « pour ne pas traîner ». J’ai réajusté mon volant en route, exactement comme je l’avais déjà fait plusieurs fois avec Brushing-Boy et même son collègue plus âgé le Cow-Boy,  mais là encore, vous ne m’avez pas laissé aller au bout des choses… Et vous avez touché le volant.

Point mort. Frein à main. Coupe le contact. « Montrez la commande de l’avertisseur sonore. » puis « Vérifiez l’état et la propreté du pare-brise ». Mes réponses n’ont pas eu l’air de vous satisfaire. Et pourtant, je n’ai fait que répéter et suivre les instructions du manuel fourni par mon auto-école, j’ai vérifié en rentrant chez moi. « Votre examen est maintenant terminé, vous descendez du véhicule, vous recevrez votre réponse sous 48h. » Le tout sans un sourire, sans un regard. Rien. Nada. Que dalle. Je vous ai souhaité une bonne journée, mais vous n’avez même pas pris la peine de me répondre.

Extrait du « livret d’apprentissage » :

L’inspecteur su permis de conduire et la sécurité routière

[…] Il a été recruté sur concours, et a suivi une formation professionnelle approfondie. Il a notamment reçu les notions de psychologie nécessaire pour que l’examen se déroule dans les meilleures conditions.

L’examen

Tous les acteurs doivent concourir à son bon déroulement :

– l’inspecteur, en mettant à l’aise le candidat;

[…]

 

Coup de flip

En fait, j’ai peur. Vraiment peur. Il me reste deux heures de conduite avant mon examen pratique. Deux heures et je passe mon permis. Je sens que je suis juste, que je ne suis pas assez assurée. En même temps, je me dis que des gens bien plus mauvais que moi l’ont eu ! La première fois que je suis montée en voiture avec ma meilleure amie de l’époque, elle venait d’obtenir son papier rose. J’ai cru mourir. Je n’ai jamais eu aussi peur. Même aujourd’hui, à l’idée de rencontrer l’examinateur, je crois que j’ai moins peur que ce jour-là. Et pourtant, j’ai peur. C’est dingue ce que j’ai peur. Même pour mon bac, je n’avais pas ressenti autant de peur. Pour mon entrée au Conservatoire, peut-être. Et encore. J’ai l’impression de jouer ma vie. Si je ne l’ai pas, il faudra que je reprenne des heures, que je paie un nouvel examen. 40€ l’heure, 80€ l’examen. Je n’ai pas les moyens, et P*le Empl*i ne s’aligne pas en cas de supplément. Je ne sais pas comment je ferais si je foire ça. En plus, je pense que ça me minera vraiment. Un bon gros échec comme on ne veut pas vraiment en vivre. En même temps, personne ne veut vivre d’échec, mais celui-là, encore moins !

Faisons le point sur ce qui pêche : le gabarit de la voiture. Important. En général je m’en sors, mais si j’ai un coup de stress, je vais patauger, foirer ma manoeuvre, prendre un virage trop large ou trop serré, allez savoir… Les manœuvres justement, selon mon état de concentration, ça passe ou ça ne passe pas du tout du tout du tout ! Serai-je assez concentrée ? Ou du moins, serai-je concentrée sur ce qu’il faut ? L’assurance. J’ai des réflexes, j’ai acquis une technique, des automatismes, mais je n’ose pas toujours. Je me pose des tas de questions : est-ce que c’est le bon moment ? Est-ce que j’ai vraiment le temps ? Est-ce qu’il est suffisamment loin derrière moi pour que je puisse planter un grand coup de frein en arrivant sur ce feu orange ? Et puis des fois, je ne sais pas bien pourquoi, je fonce. Une prio pas franchement dégagée ? En seconde, à 30 ! Sans problème ma cocotte !

Faisons le point sur les trucs positifs maintenant. J’ai des réflexes, j’ai acquis une technique, des automatismes. Il FAUT absolument que je me fasse plus confiance. Les dépassements et les voies d’insertion / décélération ne me posent pas de problème, enfoncer la pédale d’accélérateur m’amuse, celle du frein ne me fait pas peur, je gère la vitesse sans soucis. Je connais et applique « l’éco-conduite » –qui consiste à conduire de façon « écologique »– naturellement, j’anticipe plutôt bien mes arrêts, les ralentissements. Je fais tous mes contrôles, voire plus qu’il n’en faudrait. Je sais exactement ce qui se passe autour de moi.

Conclusion : Je vais l’avoir, je vais l’avoir, je vais l’avoir, je vais l’avoir, je vais l’avoir, je vais l’avoir, je vais l’avoir, je vais l’avoir, je vais l’avoir, je vais l’avoir, je vais l’avoir, je vais l’avoir, je vais l’avoir, je vais l’avoir, je vais l’avoir, je vais l’avoir, je vais l’avoir,… Il faut que je l’aie.

17-18 / 27-31

Projet 52, semaine 27 : Sur la route…

Mercredi matin, j’ai effectué mes dix-septième et dix-huitième heures de conduite. Ça faisait presque quinze jours que je n’avais pas conduit. –En vrai, j’ai emmené mon papa faire des courses, j’ai même garé la voiture sur le parking et je l’ai ramené ensuite à la maison sans encombre ! Il n’a même pas eu peur !

Ma foi, je me suis plutôt bien remise dans le bain. Un peu de ville, un créneau raté. Une fois, deux fois, la troisième fois, Brushing Boy a repris les commandes pour me remontrer la bonne façon de faire. Mon dernier essai ne fut pas trop affreux. De là à dire parfait, il y a un grand pas, mais enfin… Il m’a ensuite fait passé à des endroits qui me posent d’ordinaire problème, et je m’en suis bien sortie. Et ensuite ! Voie rapide ! Voie d’insertion, dépassement, tout le toutim !

Tout s’est bien passé, à l’exception d’un gros connard de merdeamion qui a refusé de se laisser doubler. Sauf que je suis têtue, que Brushing-Boy a l’air de l’être un peu lui aussi et que paf ! On l’a mis dans le vent ce sagouin ! Après l’avoir klaxonné au passage. J’avoue, j’ai serré les fesses, et j’ai demandé pardon à Dieu de n’avoir jamais cru en lui. Bon, je ne crois toujours pas en lui, mais plus en mes capacités à ne pas me laisser impressionner par un gros naze qui ne sait même pas nettoyer sa remorque. –Paf ! Dans ses dents !

Après quelques sortie, entrée, sortie, demi-tour, entrée, nous avons finalement quitté cette voie rapide pour revenir à une circulation plus cool. Et ben c’est chaud de rouler à 30 !! Quelques excès de vitesse plus tard, il a fallu que je tourne à gauche sur une grande intersection. Un scooter arrivait en face et voulait lui aussi tourner, il aurait donc fallut faire un croisement par l’arrière, en toute logique auto-écolesque. C’est ce que j’étais partie pour faire, d’ailleurs. Sauf que le jeune homme sur le scooter s’est collé en plein milieu. Impossible de lui passer derrière. Du coup, j’ai voulu freiner pour le laisser passer et me libérer la place. Sauf que ce n’est pas sur la bonne pédale que j’ai appuyé. Et puis c’est à ce moment-là que Brushong Boy, mettant toute sa confiance en moi, a voulu remplir un bidule-truc dans son netbook. J’ai fini par caler je-ne-sais-pas-bien-comment, et j’ai pu lire à travers le casque du cyclomotoriste -Comment je parle trop bien !– qu’il s’était liquéfié de peur. -Moi aussi au passage…– Il a fait un bel écart pour passer derrière moi, et je-ne-sais-toujours-pas-comment, j’ai réussi à repartir dans la bonne voie.

Un créneau pour garer la voiture devant l’agence, et comme à chaque fois ici, je me fais avoir : en pente et dans un léger virage. Encore loupé ! –je crois que les manœuvres, ce n’est pas pour moi…

Conclusion de Brushing-Boy : samedi, j’ai deux heures de conduite avec un autre moniteur, nous irons sur l’autoroute et c’est lui me fera mon « bilan des 20h ». Je devrais pouvoir passer mon permis en moins de 25 heures -Estimation du jour : 24 heures– et sans doute avant la fin Août !

Projet 52, semaine 31 : Vue d’en bas -C‘est le maxi-dinosaure-gonflable de Petit Potam, impressionnant vu d’ici !

« Mon ptit dèj’ est pas passé. »

Je suis actuellement sur la plage, les pieds dans le sable chaud, mes solaires vissées sur mon nez, en train de me faire tartiner de la crème solaire par Dex…

Mais je ne vous oublie pas pour autant !!

Un court article pour vous raconter ma dernière heure de conduite… Ce fut vendredi dernier.

J’avais mal dormi. J’étais un peu contrariée –cf l’article précédent-. Il faisait tout moche dehors et je n’avais envie de rien. Je me suis lancée quand même et j’ai traversé la rue pour aller retrouver Brushing-Boy à l’auto-école. Il m’a lancé son traditionnel « Salut ! Ça va ? », et il m’a proposé un café. Avais-je l’air si mal réveillée que ça ? Était-ce une technique d’approche ? J’aurais aimé le café, j’aurais dit oui. J’ai pris les clés et nous sommes allés nous installer dans la voiture. Je démarre, fais mes contrôles, commence à rouler. « Tu n’oublies rien ? » Essuie-glaces avants, arrières, et feux de position. Ça commence bien…

Je n’ai pas calé, mais presque. Plusieurs fois. J’ai roulé à 10km/h en troisième, ça broutait. Je n’ai pas fait la moitié des contrôles nécessaires. Je me suis mis sur la file de gauche pour tourner à gauche. Ce n’était pas une file de gauche, mais une rue à double sens. J’ai dit « Putain, fait chier ! ». Je n’ai pas utilisé la première roulante aux moments adéquats –et il y en a eut !-. J’ai mis mon clignotant à gauche et tourné mon volant à droite. Je me suis arrêtée sur un espace pour vélos devant un feu, parce que j’ai super mal géré mon freinage. Par contre, j’ai tapé un arrêt troisième parce qu’un feu passait à l’orange, en faisant tous mes contrôles nickels et en m’arrêtant pile au bon endroit. Mais j’ai voulu prendre un virage serré en troisième 100 mètres plus loin, alors que des piétons s’apprêtaient à traverser.

Brushing Boy a senti qu’un truc n’allait pas. Il a vu que je me maudissais de mes erreurs flagrantes. Il m’a juste dit « Tu t’énerves, Jim, tu te stresses toute seule, calme-toi, tu gères. » Je lui ai avoué que mon p’tit dèj’ n’était pas passé ce matin. Il a eut l’intelligence de ne pas insister. Il m’a même dit que « Malgré tout, tu as bien conduit ! » avec une voix tellement pleine d’assurance et un air super convaincu !! J’ai ri. C’était la fin de l’heure, et ça m’a fait du bien.

La prochaine fois, nous enchaînerons deux heures. Direction l’autoroute et ses voies d’insertion. Et ses aires de repos, pour faire des manœuvres tranquillement. Ce sera aussi mon heure « bilan », pour savoir combien d’heures il faut que je rajoute à mon forfait avant mon examen blanc qui lui, déterminera si je suis apte à passer l’examen final. Rien que d’y penser, j’ai les intestins qui se décomposent. Et je vous passe les détails… –Bon ptit’ dèj’, DidiE !! =D

Photo : Be-at sur Deviantart.

Quand Jimmy monitoring son moniteur

Je sors de deux heures de conduite… très hot… –J’en ai même fait tombé la chemise, dis donc !–  

Je me suis installée au volant de ma petite Clio à 9h, réglage du siège, dossier, rétros, ceinture, coup de clé, c’est parti ! Tout ça, je maîtrise. La circulation, je maîtrise.  Les contrôles, les doigts dans le nez. –en vrai, je les garde bien sur le volant, hein, je sais bien que mettre ses doigts dans son nez, déjà, c’est pas poli, et en plus, c’est pas prudent quand on conduit…– Non, aujourd’hui, ce qu’on a commencé à approfondir, c’est le gabarit de la voiture. Petites rues toutes pourries du centre-ville, en sens unique, mais avec plein de grosses voitures garées pas toujours correctement, rétros pas forcément repliés. Grosses suées en perspective !!

Je n’ai pas calé, mes amis ! Je n’ai pas bragé de rétros ! J’ai juste un peu frotté le trottoir, mais Brushing-Boy a dit que c’était préférable au pétage de rétro. –J’ai proposé de partir à fond de cale si ça arrivait pour ne pas nous faire choper, il a ri et m’a dit : « vas-y, monte en 3ème qu’on rigole un peu ! »– Au final, ça a été, je m’y suis juste reprise à deux fois pour tourner dans une rue vraiment pas simple. Quand on y est repassé un peu plus tard –quand j’ai vu ça, je me suis dis que Brushing-Boy était un fourbe, en plus, il avait la banane, l’enfoiré le petit malin !-, j’ai un peu plus serré, je n’étais pas bien convaincue, mais Brushing-Boy m’a dit : « ça paaaaaaaaaaasse ! », sur un ton que je connais bien, puisque c’est moi qui l’utilise à tout-va pour le convaincre que je sais ce que je fais… Devant mon air de « non-mais-arrêtes-là-tu-me-piques-mes-répliques-maintenant ! », il s’est encore poilé.

Fin des petites rues. Je pense pouvoir souffler un peu, j’ai le front qui perle légèrement. Il fait chaud dans cette voiture tout à coup ! On passe aux manœuvres, tout en douceur, presque langoureusement. Je profite de l’arrêt sur un parking pour faire péter ma chemise –après avoir vérifié que j’avais bien pensé à mettre un truc en-dessous, bandes de coquinous ! À moi le petit débardeur sexy ! Aheum… Pardon…-, 24° à 10h du mat, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça ici ! Pas grand chose aujourd’hui, un rangement en bataille droite qui s’est ma foi très bien passé. Et un créneau à droite pour lequel j’ai été feintée : le trottoir n’était pas droit, c’était un rangement dans une courbe. Et c’est Brushing-Boy lui-même qui en a convenu !! Moralité, je me suis retrouvée légèrement de travers. Mais ce n’est pas trop grave, la technique était là et j’ai compris le truc. Ne crions pas victoire trop vite, mais quand même c’était chouette !

Sur le chemin du retour vers l’auto-école, j’ai un peu trop serré à droite et, Brushing-Boy ayant son bras passé par la fenêtre pour se rafraîchir –ou faire son beau-gosse, au choix-, il a dû le rentrer de toute urgence pour ne pas se faire griffer par des petits buissons mignons sur le bord de la route. « Mais, ils ne savent pas tailler les haies, ici ou quoi ?? » ai-je déclamé, pleine de mauvaise foi.

Mais Brushing-Boy est aussi un bon élève, puisqu’il commence lui-même à me trouver des excuses quand je fais une bourde. « La signalisation est un peu effacée », « le STOP est placé trop avant l’intersection », « le camion te cachait la visibilité », « les piétons traversent n’importe comment, on n’a pas idée quand même de s’aventurer sur un passage clouté »… L’élève dépassera-t-il bientôt le maître ? Allez savoir…   

Photo : GraceyLaceyPaceyWacy sur Deviantart.

     

   

Bonne conduite

Hier, je vous annonçais que j’avais obtenu mon code –avec beaucoup de chance, mais quand même-. En parallèle, j’ai commencé les cours de conduite. Pendant mes modules, la mise en pratique l’après-midi de ce qu’on avait vu en théorie le matin avait été plutôt concluante. Tous les moniteurs que j’ai rencontré m’ont dit –à mon grand étonnement !– que je m’en sortais plutôt bien. C’est dire si j’étais contente !

Et puis, j’ai commencé les heures toute seule en voiture avec mon moniteur attitré, Brushing-Boy. Brushing-Boy est super sympa, drôle, patient, il explique bien, il rigole à mes blagues pourries et il en fait aussi. Tout va bien de ce côté-là.

L’installation au poste de commandes –ça pète de dire ça, ça fait vaisseau spatiale, super commandant de l’extrême et tout !– se passe nickel. En même temps, c’est facile : siège avancé au dernier cran, remonté au dernier cran, ne reste qu’à trouver la bonne position du dossier et à régler les rétros… Avec mon mètre 58, je ne risque pas de m’emmêler les pinceaux le jour de l’examen parce que je ne trouverais pas la bonne mesure pour atteindre les pédales sans me coller les genoux dans le volant.

La première étape ? Validée en une heure trente. Je suis trop contente ! Je maîtrise les démarrages, les arrêts, le maniement du volant, certains contrôles, je suis à l’aise –même si parfois il faut que je pense à bien respirer ^^– et ça roule tranquille.

L’étape deux m’a semblé plus fastidieuse. Je dois faire tous les contrôles –Brushing-Boy : « Tu viens d’écraser un cycliste » / Moi : « Oui, mais c’est pas grave, les cyclistes c’est le mal. » / Lui : « Oui, t’as raison, roule ! »-, tenir compte de la signalisation au sol –Moi : « C’est quoi c’truc ?? » / Brushing-Boy : « Une voie de circulation pour les bus… T’as pas eu ton code toi ?? »– de la signalisation verticale –Brushing-Boy : « Tu es limitée à combien là ? / Moi : « 30 ! » / Lui : « Bien. » / Moi : « Un coup de chance, j’ai pas vu le panneau, je connais le coin… »-, du gabarit de la voiture –« Brushing-Boy : « Tu as vu quand même que tu aurais pu bragé le rétro si lui n’avait pas replié le sien ? » / Moi : « En effet, mais il l’a replié, donc tout va bien… »– et de plein d’autres trucs que tu ne te rends pas forcément compte quand tu n’as jamais conduit !! Bref, on s’amuse beaucoup, et je progresse plutôt bien selon lui. Pas forcément le plus rapidement du monde, mais c’est constant et je m’applique.

Aujourd’hui, après 11 heures de pratique –au total-, je viens de valider cette deuxième étape, et j’ai commencé à bosser la troisième. On a fini l’heure avec un créneau et je ne me suis pas trop foirée. J’ai juste joué « au crabe » dixit Brushing-Boy. –au passage, il a de très jolies mains et je kiffe quand il mime le crabe, je vais le faire plus souvent tiens… ^^

Bref, je pensais pouvoir vous raconter plein de boulettes au sujet de mon passage de permis, je suis limite déçue que ça se passe aussi bien…J’ai calé une fois aujourd’hui, lors d’un léger démarrage en côte –mais les flics devant moi m’ont perturbée !-, j’ai manqué d’écraser un piéton en tournant dans une rue –« mais c’est de sa faute, il ne marchait pas assez vite ! » / Brushing-Boy : « Oui, t’as raison, et puis il était trop vieux, c’est ça ? » / Moi :  » =D »-, et ma foi, le reste n’est pas tant déconnant que ça. Plutôt chouette, quoi !

Illustration : MayO-arT sur Deviantart.